Se positionner sur le moteur de recherche numĂ©ro un au monde est crucial. Or tous les pays du monde ne sont pas logĂ©s Ă  la mĂŞme enseigne. Pourquoi Google ignore la Tunisie alors que des pays comme l’Ouganda ou l’Ethiopie ont ses faveurs ?

Google occupe une position centrale sur le Net. Certains iront jusqu’à dire qu’il détient un monopole de fait. Dès lors, se positionner sur le moteur de recherche numéro un au monde devient crucial. Or tous les pays du monde ne sont pas logés à la même enseigne. C’est que Google a ses chouchous, ses petits préférés, qui seront d’autant avantagés. Il ne s’agit pas ici d’évoquer la jungle du référencement. Mais des pays que le leader de la recherche cybernétique a choisis entre tous, pour les faire bénéficier d’un traitement particulier. Alors que la firme de Mountain View semble tourner délibérément le dos à la Tunisie.

Rares sont les Etats Ă  ne pas avoir leur propre porte d’entrĂ©e sur le site d’actualitĂ© estampillĂ© Google ActualitĂ©s. «Chaque Ă©dition est Ă©laborĂ©e spĂ©cifiquement avec des actualitĂ©s adaptĂ©es Ă  un public donné» prĂ©cise le moteur de recherche. Au niveau africain, on remarquera que des pays comme le Botswana, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, la Namibie, le NigĂ©ria, l’Afrique du Sud, l’Ouganda, le Zimbabwe, disposent de leur entrĂ©e dĂ©diĂ©e sur Google ActualitĂ©s. Si des gĂ©ants comme le NigĂ©ria ou l’Afrique du Sud ont assurĂ©ment une actualitĂ© plus trĂ©pidante, la prĂ©sence de pays comme la Namibie ou l’Ouganda, rendent l’absence de la Tunisie particulièrement criante. Google aurait-il choisi d’ignorer dĂ©libĂ©rĂ©ment les pays francophones de notre continent? L’exception du SĂ©nĂ©gal, seul pays africain de langue française Ă  figurer sur la liste, confirmerait-elle la règle ?

En ce qui concerne les pays arabes, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Liban, l’Egypte disposent de leur propre édition de Google Actualités, et en version arabe, s’il vous plaît. Et toujours pas d’espace dévolu à la Tunisie, même du côté des désormais incontournables accessoires «googlesques».

Google Ad Planner, est la solution de mesure d’audience Made in Mountain View. Mieux : l’interface est appelĂ©e Ă  jouer un rĂ´le grandissant dans la communautĂ© des professionnels du web. Il s’agit ici d’un outil appelĂ© Ă  bousculer sĂ©rieusement l’activitĂ© des rĂ©gies publicitaires, puisqu’il met Ă  la disposition des statistiques dĂ©taillĂ©es sur les intervenants les plus intĂ©ressants du web. A cet Ă©gard, on notera que l’onde de choc Ad Planner commence tout juste Ă  faire sentir ses effets en Tunisie. Notre confrère Babnet.net a mĂŞme dressĂ© un nouveau classement des sites web les plus visitĂ©s de notre pays. Et la nouvelle hiĂ©rarchie Ă©tablie, est fondĂ©e sur les chiffres fournis par Google. Elle est donc, de ce fait, beaucoup plus crĂ©dible que les classements fantaisistes publiĂ©s par les uns et les autres. Le problème ? Les sites tunisiens ne pourront pas bĂ©nĂ©ficier de toute l’étendue de la panoplie d’outils d’Ad Planner. Les intĂ©ressĂ©s devront se contenter des chiffres de visites. Alors que dans la version complète, les annonceurs potentiels peuvent mĂŞme avoir les profils dĂ©taillĂ©s des lecteurs…

Et si Google Ad Planner ne tient pas compte de la Tunisie, au niveau maghrébin l’outil fournira des études détaillées sur les portails internet de l’Algérie, et du Maroc. Les sites tunisiens, eux, se contenteront du service minimum. Même si le contenu algérien en ligne n’est pas nécessairement plus riche que celui produit par les web journalistes tunisiens. L’Afrique du Sud, elle, sera toujours aussi bien servie, tout comme l’Egypte et l’Arabie Saoudite au niveau arabe.

On relèvera pourtant que les noms de domaine google.com.tn et mĂŞme google.tn ont Ă©tĂ© rĂ©servĂ©s par le gĂ©ant mondial des recherches. Le service whois de l’Agence Tunisienne de l’Internet (ATI) le confirme. La version en .com.tn redirige l’internaute vers google.com, plus prĂ©cisĂ©ment vers www.l.google.com. Le site google.tn, lui, n’est tout simplement pas «disponible». Mais pourquoi donc Google continue d’ignorer la Tunisie alors que des pays comme le PĂ©rou, l’Ouganda, l’Ethiopie, semblent avoir ses faveurs ?