''Les entrepreneurs et développeurs sénégalais ont suivi une formation de deux jours devant leur permettre de tirer un meilleur profit des possibilités du Net et développer leurs affaires. L’atelier organisé par Google pose comme condition une présence durable sur le Net.

Comment faire fructifier ses affaires grâce Ă  Internet et aux Tic ? C’est Ă  cet exercice d’explication que s’attelle Google, le gĂ©ant mondial de la recherche sur le Net, Ă  travers un atelier de formation organisĂ© Ă  l’endroit des entrepreneurs et dĂ©veloppeurs de contenus sĂ©nĂ©galais.

Cet atelier constitue un « Ă©change dans les deux sens » entre la communautĂ© des dĂ©veloppeurs et entrepreneurs et des experts de Google venus de France, de la Suisse, des Etats-Unis, d’Argentine, etc.

« Nous essayons de dĂ©velopper Internet sur le continent et de travailler avec les dĂ©veloppeurs pour qu’il y ait plus de contenus africains dans le Net », explique Tidjane Dème, chargĂ© du bureau de Google Ă  Dakar et chargĂ© de dĂ©velopper les activitĂ©s de la firme dans l’Afrique francophone. C’est donc, un travail de renforcement de capacitĂ©s techniques pour montrer aux dĂ©veloppeurs comment mettre du contenu en ligne et, ensuite, dĂ©clencher un « business model » derrière ce contenu. Pour cela, il faut rĂ©unir les trois acteurs-clĂ© que sont : les possesseurs de contenus (dont les journalistes), les entrepreneurs et les dĂ©veloppeurs, explique Tidjane Dème.

C’est toute l’ambition de Google Africa. Selon M. Dème, l’Afrique n’est pas encore un terrain propice au web business, mais il faut préparer l’environnement pour que les Africains soient présents en ligne, condition préalable pour en tirer profit. Mais d’après l’expérience même de cette firme qui, jusqu’en 2004, ne gagnait pratiquement pas d’argent, à en croire M. Dème, la recette consiste à être présent sur le Net, être utile à un maximum de personnes pour récolter les fruits après. Des conditions qui, pour le moment, ne sont pas réunies en Afrique. Au Sénégal, par exemple, même si la bande passante est assez développée et que le Net coûte moins cher par rapport à d’autres pays du continent, le nombre d’usagers reste faible et il y a très peu de contenus qui répondent spécifiquement à leurs besoins de tous les jours.

Etre d’abord présent sur le Net

De l’avis de Christian Miccio, « product manager » venu de Suisse, pour les entrepreneurs africains, il s’agira, donc, d’atteindre les gens dans des domaines qui les intĂ©ressent directement, oĂą ils sont prĂŞts Ă  payer pour utiliser un certain nombre de services. En fait, il y a plusieurs manières de gagner de l’argent Ă  travers le web, explique M. Muccio.

Le moyen le plus courant, c’est la pub en ligne. Un autre moyen très Ă  la mode dans les pays dĂ©veloppĂ©s, consiste Ă  crĂ©er, en ligne, des services en partie gratuits, en partie payants. Il y a Ă©galement la vente en ligne combinĂ©e avec un système de livraison. « Dans ce cas, explique M. Muccio, le site web qui donne toutes les informations sur le produit ne fait pas lui-mĂŞme de l’argent, mais il permettra de rĂ©aliser plus de vente ».

Pour le moment, c’est uniquement avec les bannières publicitaires insĂ©rĂ©es dans les sites, comme l’explique Mamadou Mbengue, un participant Ă  l’atelier, que les dĂ©veloppeurs locaux gagnent de l’argent « au clic ».

Il faudrait aller plus loin, semble dire Ousmane Blé Mbaye, un autre participant. Pouvoir commander de la nourriture, obtenir une adresse ou un papier administratif sur Internet, par exemple. Mais pour cela, il faut d’abord et avant tout être présent sur le Net, comme l’a si bien expliqué Tidjane Dème.

Depuis un an, Google dispose d’un bureau à Dakar, le septième sur le continent. Entre autres activités, ce bureau a lancé un portail d’informations dédié à l’actualité sénégalaise.''

Seydou Ka