Comment arriver Ă  faire vivre un site en AlgĂ©rie ? Quelle est la recette pour attirer les annonceurs ? La rĂ©putation du site certes mais pas uniquement. N’TIC magazine a enquĂŞtĂ© et recueilli le tĂ©moignage de certains responsables de sites qui essaient de « survivre » sur la Toile algĂ©rienne.

Il faut ĂŞtre patient et compter une bonne annĂ©e afin de prendre du recul par rapport Ă  l’investissement. Il convient de raisonner sur du moyen et long terme plutĂ´t que sur un hypothĂ©tique retour sur investissements en 1 ou 2 mois. Internet peut ĂŞtre un remarquable vecteur de dĂ©veloppement d’une entreprise. Et ça, beaucoup d’entreprises algĂ©riennes l’ont compris et essayent de se faire connaĂ®tre Ă  travers des sites web. La première Ă©tape dans la construction d’un site Internet rentable est de dĂ©finir la « niche marketing » que vous souhaitez cibler. Une niche est un segment de clientèle qui a un intĂ©rĂŞt commun et que vous allez cibler très spĂ©cifiquement. Ainsi, votre site va rĂ©pondre Ă  un besoin très prĂ©cis et pouvoir proposer des produits, services ou publicitĂ©s adaptĂ©s. Après avoir dĂ©fini la niche, vous devez identifier les potentiels visiteurs. Que vont-ils rechercher ? Quels sont leurs autres intĂ©rĂŞts ? Quelle est la meilleure manière de les intĂ©resser? Quelles sont les motivations pour chercher votre site ?

L’étape suivante est le choix du nom de domaine. Deux solutions sont possibles : vous choisissez un nom court et facile Ă  retenir ou au contraire une sĂ©rie de mots en rapport avec le contenu du site internet. Il est ensuite nĂ©cessaire de crĂ©er une charte graphique unique pour votre site, Ă©videmment en rapport avec son contenu. Celle-ci doit ĂŞtre sobre mais identifiable d’oĂą l’importance d’être unique. La mise en page doit ĂŞtre simple afin que les visiteurs trouvent les Ă©lĂ©ments essentiels immĂ©diatement. La partie la plus importante de la rĂ©ussite d’un site rĂ©side bien Ă©videment dans son contenu. L’idĂ©al est de pouvoir ajouter du contenu rĂ©gulièrement. Les moteurs de recherche apprĂ©cieront mais surtout, les visiteurs reviendront sans doute rĂ©gulièrement consulter les dernières nouvelles. Le croisement d’informations statistiques comme le nombre de visiteurs uniques, les mots clĂ©s les plus tapĂ©s pour rechercher votre site, les pages les plus visitĂ©es, le chemin parcouru par les internautes sur votre site, l’identitĂ© des sites partenaires qui vous apportent le plus de trafic, vous permettront non seulement de suivre vos coĂ»ts d’acquisition, mais aussi d’amĂ©liorer l’ergonomie de votre site web. En fonction de l’enjeu stratĂ©gique, un suivi permanent de ces donnĂ©es peut s’imposer et nĂ©cessiter une ressource dĂ©diĂ©e.

Quel modèle pour la presse en ligne ?

Pour optimiser les performances d’un site, il faut travailler en amont, par rapport aux sources de recrutement. Vous devez alors croiser les conversions (le nombre d’actions souhaitĂ©es qu’il s’agisse de ventes, d’inscriptions, etc.) avec les sources de trafic entrant. Vous mesurez ainsi les sources de trafic qui ont la meilleure rentabilitĂ© (mots clĂ©s, campagnes, support, partenaires, etc.) pour l’achat de mots clĂ©s. Afin de rentabiliser leurs investissements web, les Ă©diteurs de site de contenus basaient leur modèle Ă©conomique sur la vente d’espaces publicitaires de type bannières, habillages de pages, vidĂ©os, … Si ces formats ont permis durant de nombreuses annĂ©es de dĂ©velopper la notoriĂ©tĂ© des marques (souvent au dĂ©triment du retour sur investissement immĂ©diat), le doute plane aujourd’hui sur l’efficacitĂ© de ces formats (appelĂ©s «display»). Beaucoup de sites ont rĂ©ussi Ă  monĂ©tiser leurs investissements web ces dernières annĂ©es en se basant sur une approche purement display. En revanche, si ce modèle convenait Ă  des sites Ă  forte audience, il ne pouvait pas convenir Ă  des sites moins « grand public » connaissant moins de trafic.

Le problème qui se pose de plus en plus sur des sites ayant une approche purement display est que les annonceurs, de plus en plus puissants notamment grâce à la crise, demandent une approche au CPA, c’est à dire au coût par action (par exemple, rémunérer le site éditeur à partir du moment où, suite au clic sur la bannière, un formulaire ait été rempli). Alors que l’édition papier des journaux semble condamné à une remise en question perpétuelle pour conserver et rajeunir son lectorat, Internet permet de toucher immédiatement une large catégorie de lecteurs, de capitaliser sur des marques fortes, et de proposer de l’actualité en temps réel mais aussi permettre une diffusion plus large des contenus initialement rédigés pour l’édition imprimée.

La presse Ă©lectronique est confrontĂ©e au mĂŞme dĂ©fi que les autres Ă©diteurs : comment accroĂ®tre les revenus sur Internet, et rentabiliser de coĂ»teux sites ? Un lecteur sur le Net rapporte encore beaucoup moins qu’un lecteur sur papier, le marchĂ© de la publicitĂ© fait les frais de la crise, l’offre gratuite prĂ©sente en ligne est plĂ©thorique. Dans ce contexte, inciter le lecteur Ă  payer par un Ă©cran interposĂ©, Ă  l’instar du papier, semble une solution examinĂ©e de près par de nombreux patrons de presse. Le site du Wall Street journal restera payant (la formule actuelle connaissant un franc succès), et d’autres titres pourraient aussi inciter leur lectorat Ă  mettre la main Ă  la poche.

Dans ce dĂ©dale de modèles Ă©conomiques, une expĂ©rience particulièrement observĂ©e est celle du Monde : une marque très forte reconnue Ă  l’international, un site internet mĂŞlant actualitĂ© chaude Ă  l’accès gratuit et une zone payante reprenant des contenus du print et des dossiers Ă  forte valeur ajoutĂ©e. Et il atteint la rentabilitĂ©, se payant mĂŞme le luxe de recruter des abonnĂ©s… Ă  l’édition imprimĂ©e. La presse en ligne en AlgĂ©rie se voit enrichie de jour en jour de nouveaux sites d’info, essayant bon an, mal an de trouver leur modèle Ă©conomique. Qu’ils soient nĂ©s avec le Net ou qu’ils se prĂ©sentent comme la version web de journaux papiers prĂ©existants (le cas des quotidiens comme Elwatan.com), ils sont tous confrontĂ©s Ă  la mĂŞme problĂ©matique : celle de trouver un modèle viable.

Comment attirer les annonceurs

L’un des moyens d’y parvenir consiste à aider les annonceurs cherchant à améliorer la notoriété de leur marque à atteindre plus facilement leurs objectifs sur ces sites. Certains annonceurs souhaitent avant tout, généralement au moyen d’annonces graphiques, développer la notoriété de leur marque et susciter l’intérêt pour un produit (cas des opérateurs de téléphonie mobile) ou service susceptible d’être acheté ultérieurement (cas des promotions des compagnies aériennes telles que Air France et Aigle Azur). Ces annonceurs sont à distinguer de ceux dont l’objectif est la réponse directe. Pour ces derniers, seuls comptent, généralement, les clics et les conversions générés par le biais des campagnes diffusées sur le site.

Du cĂ´tĂ© de la presse traditionnelle, la plupart des titres ont gĂ©nĂ©ralement pensĂ© le Web comme une extension gratuite de leurs journaux, permettant au passage de fidĂ©liser des internautes et de les amener Ă  s’abonner aux versions imprimĂ©es. Parmi les nombreux sites d’info, certains se sont créés sur la Toile : ceux qu’on appelle « les pure players» sont ceux pour qui l’aventure paraĂ®t la plus audacieuse. Sans lectorat de rĂ©fĂ©rence, ils ont rĂ©ussi Ă  bâtir ces trois dernières annĂ©es des sites d’informations plĂ©biscitĂ©s par de nombreux internautes. Il faut dire que les moyens financiers limitĂ©s gĂ©nĂ©rĂ©s par une publicitĂ© Ă©lectronique balbutiante ne permettent pas Ă  la majoritĂ© des sites d’investir dans les «ressources humaines» et disposer ainsi d’un effectif rĂ©dactionnel consĂ©quent.

«Les annonceurs préfèrent placer leurs bannières sur les sites de la presse traditionnelle, du fait que celle-ci a une plus grande visibilité», fait remarquer une responsable commerciale du site «maghrebemergent.com». Le site est visité en moyenne par 8 000 lecteurs. Il faudrait atteindre les 150 000 visites par mois pour être solvable. Le site y travaille. Les premiers annonceurs arrivent déjà, à l’instar de Nedjma et Alliance Assurances. En termes de modèle économique, l’une des formules qu’entend développer le site est l’offre d’une information pointue pour un public initié. Les journaux électroniques sont ainsi contraints de casser les prix pour augmenter leur portefeuille clients. «Un mois de présence sur TSA - qui attire entre 200 000 et 250 000 lecteurs par jour - coûte presque une page de publicité couleur pour une journée dans un grand quotidien national», confie Lounès Guemache au site Afrique Finance.

Un site web qui a beaucoup de trafic attire les annonceurs pour y faire apparaĂ®tre leurs publicitĂ©s. En partant de ce principe, plusieurs systèmes se sont mis en place. Mais les plus connus sont le CPM (coĂ»t pour mille affichage) oĂą l’annonceur paye un forfait pour mille apparitions de sa publicitĂ©, et CPC (CoĂ»t Par Clic) oĂą l’annonceur paye seulement lorsque l’internaute clique sur sa publicitĂ© (ex : le système Adsence de Google). Dans ce domaine, les webmasters sous-estiment les rentrĂ©es potentielles liĂ©es aux difficultĂ©s suivantes : avoir de l’audience ne s’improvise pas. C’est soit dĂ©penser en publicitĂ© pour ĂŞtre connu ou avoir de la visibilitĂ©, soit ĂŞtre un très bon professionnel du rĂ©fĂ©rencement, faire face Ă  la concurrence : avoir du temps pour faire de la veille, et essayer de se diffĂ©rencier, fidĂ©liser l’internaute et continuer Ă  innover ou Ă  proposer de nouveaux services.

Source : nticweb.com