Le premier semestre 2010 aura été un véritable champ de concurrence médiatique entre les entreprises installées sur le territoire camerounais. On en veut pour preuve le rapport de cette étude menée par le cabinet de veille Media Intelligence sur la présence des annonceurs, notamment pour ce qui est de la télévision et de l’affichage. Durant les six premiers mois de l’année en cours, la sollicitation du bi media (Tv et affichage) a connu une dynamique des investissements publicitaires importants. Au total, 25 secteurs d’activités pour 380 annonceurs et 562 produits ont ponctué les écrans de télévision et les panneaux urbains réservés à la publicité.

Selon cette étude, la télévision même peloton avec 67,79% des parts de voix en termes de volume et de nombre. Ce qui est largement supérieur à l’affichage qui a enregistré un taux de 22,89%. Selon la note de synthèse du rapport, ce dynamisme du secteur publicitaire peut s’expliquer, dans un premier temps, par la tenue de deux grands évènements sportifs (CAN et Coupe du monde de football) en sol africain, surtout que le Cameroun y participait. La seconde hypothèse est la multiplicité des lancements des produits par différents acteurs économiques. Dans tous les cas, les estimations attendent pour l’année 2010 un accroissement de 50% en 2010 des investissements publicitaires par rapport à l’année dernière.

En 2009 en effet, le marchĂ© camerounais de la publicitĂ© a tournĂ© autour de 15 milliards Fcfa dont 10 milliards Fcfa injectĂ©s par les seules multinationales. La recette publicitaire des chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision est estimĂ©e Ă  un peu plus de trois milliards Fcfa. Dans ces chiffres, il faut, bien entendu, exclure certaines donnĂ©es dĂ» au contexte camerounais, notamment le mĂ©cĂ©nat, les contrats sous-Ă©valuĂ©s, les arrangements entre partenaires, etc. Et « pour des raisons stratĂ©giques » selon Rostant Tane, gĂ©rant opĂ©rationnel de Media Intelligence, les montants en terme d’argent dĂ©pensĂ© n’ont pas Ă©tĂ© communiquĂ©s.

La boisson en tĂŞte

L’étude menĂ©e montre qu’une quarantaine de secteurs d’activitĂ©s ont principalement communiquĂ© Ă  travers la tĂ©lĂ©vision et l’affichage public. Les uns Ă©tant plus imprĂ©gnĂ©s que les autres. C’est ainsi que le secteur agro industriel vient en tĂŞte avec 23,48 % sur l’ensemble. Soit 13,54 % pour les industries brassicoles et 10,94 % pour l’agroalimentaire. Pour ce qui est du domaine brassicole, la SociĂ©tĂ© anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) remporte la palme des investissements avec 8,79 % des parts d’investissements sur le plan national. Viennent ensuite Guinness Cameroon SA (3,62 %) et l’Union camerounaise des brasseries (UCB) avec 0,67%. En ce qui concerne l’agroalimentaire, parmi les 32 entreprises ayant largement communiquĂ©, il n’y a que 2 qui dĂ©tiennent plus d’un pour cent sur les investissements effectuĂ©s au premier semestre 2010 : Maggi avec 1,78% et Ok Foods qui vient avec 1,09%.

Les entreprises du secteur de la téléphonie mobile, par contre, enregistrent chacune des taux bien plus grands. On a ainsi le cas de Orange Cameroun, qui a enregistré 5,54% de tous les investissements publicitaires en Tv et affichage, contre 3,11% pour MTN Cameroon et 2,05% pour Camtel. On peut également citer le laboratoire Biopharma qui enregistre une performance générale de 3%, alors que son secteur (cosmétique), qui compte 27 annonceurs dans ce rapport ne comptabilise que 10,08% des parts d’investissement publicitaire.

Au regard de ces quelques exemples, et de toute Ă©vidence, « les budgets publicitaires affichent bonne mine, malgrĂ© le ralentissement des activitĂ©s publicitaires provoquĂ© par la crise Ă©conomique », souligne le rapport. Il faut cependant relever que certains secteurs ne communiquent pas beaucoup, contrairement aux possibilitĂ©s que leur offrent les chiffres d’affaires. C’est le cas du secteur des hydrocarbures qui ne totalise que 0,60% du total des investissements publicitaires bi media, contre par exemple les 3,53% dans l’éducation ou encore les 3,32% du commerce gĂ©nĂ©ral. Reste que, comme le conclut l’étude de Media Intelligence, près de 75% des petites et moyennes entreprises (PME) ayant Ă©tĂ© prĂ©sentes sur les Ă©crans de tĂ©lĂ©vision sont passĂ©es inaperçues du fait d’une communication non ciblĂ©e se traduisant par des stratĂ©gies d’insertions hasardeuses.

Focal : Le Top 10 des annonceurs

Brasseries du Cameroun : 8,79%

Orange Cameroun : 5,54%

Guinness Cameroon : 3,62%

Mtn Cameroon : 3,11%

Laboratoire Biopharma : 3%

Pmuc : 2,77%

Camtel : 2,05%

Maggi : 1,78%

TV+ : 1,30%

Ok Foods : 1,09%

Source : lemessager