La table ronde, organisĂ©e par webmanagercenter.com le 7 Septembre 2010 sur le thème « les mesures d’audience en Tunisie », a Ă©tĂ© l’occasion pour les intervenants, de proposer des solutions concrètes face Ă  un problème liĂ© Ă  un manque de confiance et de crĂ©dibilitĂ©, qui secoue la sphère des mĂ©dias tunisiens.

MalgrĂ© des chiffres qui parlent d’eux mĂŞmes : un budget publicitaire gĂ©nĂ©ral attribuĂ© aux diffĂ©rents annonceurs Ă©quivalant Ă  140 millions de dinars, 40 millions de dinars de chiffres d’affaires en termes de publicitĂ© liĂ©e Ă  l’affichage urbain, contre un chiffre estimĂ© Ă  4 millions de dinars il y a de cela 8 ans… Il existe pourtant actuellement un problème majeur : une remise en cause de l’audimat et autres mesures d’audiences effectuĂ©es par les entreprises spĂ©cialisĂ©es de la place.

Ce malaise face Ă  cette situation ne semble guère perturber l’opĂ©rateur tĂ©lĂ©phonique privĂ© Tunisiana : « Aujourd’hui, nous assumons pleinement cette inexactitude de chiffres, car la MĂ©diamĂ©trie* n’est pas une science exacte. Il faut surtout qu’il y ait un terrain d’entente entre les bureaux d’étude et les mĂ©dias (tĂ©lĂ©vision, radios, sites web…). C’est pour cela que nous optons plutĂ´t pour une vision empirique de la situation ! ».

Mr Ridha Najjar ancien prĂ©sident du Conseil SupĂ©rieur de la Communication (CSC) et du Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC), traite ce dilemme avec une objectivitĂ© et un pragmatisme qui en disent long sur ses longues annĂ©es d'expĂ©rience sur la scène audiovisuelle tunisienne: " Le paysage mĂ©diatique tunisien a bien changĂ©, notamment grâce Ă  la convergence des mĂ©dias, d’internet et de la tĂ©lĂ©phonie mobile. Cependant, on fait face Ă  un vide sidĂ©ral. Rendez-vous compte : il n’existe aucun OJD jusqu’à prĂ©sent en Tunisie, ni d’outils capables de mesurer rĂ©ellement l’affimĂ©trie**, encore moins». L’OJD Ă©tant un organisme apte Ă  fournir des chiffres d’audience certifiĂ©s et reconnus par la profession.

L’homme ajoute avec conviction « On fait face Ă  une situation de crise de confiance, par rapport aux tarifs et Ă  une absence totale de dĂ©ontologie. Ce qui manque le plus, c’est un cahier des charges autoproclamĂ© par le milieu professionnel ».

Comme conclusion Ă  ce dĂ©bat, et de l’avis de tous les participants prĂ©sents Ă  cette confĂ©rence, Mr Najjar estime «qu’il serait tout Ă  fait judicieux de penser Ă  une solution unie, en l’occurrence : des associations interprofessionnels pour vĂ©rifier et rĂ©guler le marcher actuel, (constituĂ© en majoritĂ© de publicitĂ© et de sondages). Comme il serait temps que l’Etat mette en place un cadre juridique commun au secteur audiovisuel (comme c’est le cas actuellement au Maroc), et qui demeure absent dans notre pays».

Source : Tekiano - S.B.N