Gouvernance de l’Internet : l’Afrique souhaite plus d’accessibilité
Par Yves Palma, jeudi 16 septembre 2010 à 17:18 :: General :: #358 :: rss
L’Afrique de l’ouest va demander plus d’accessibilité au moindre coût au Net lors du Forum mondial sur la gouvernance de l’Internet, prévu en septembre à Vilnius ( Lituanie). Cette position a été adoptée à l’issue d’un forum qui a réuni cette semaine à Dakar neuf pays africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Libéria, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo).
"Le coût de l’accessibilité qui est très élevé en Afrique", constate la présidente du Conseil de la fondation Africaine des logiciels libres, Nnenna Nwakanma.En outre, certains pays d’ Afrique de l’Ouest subissent des contraintes liées au difficile accès au câble. Ces difficultés freinent le développement d’ Internet sur le continent.
C’est le cas au Burkina Faso, selon Guébré Moussa agent au ministère de la communication. "Nous restons confrontés à des problèmes comme l’accès au câble, c’est-à -dire comment avoir une bande passante suffisante et à moindre coût", indique-t-il.
Cette situation s’explique, dit-il, par l’enclavement de son pays. "Les câbles qui entourent l’Afrique sont des câbles sous- marins et il faut donc être un pays côtier pour avoir un accès facile à ce câble".
Pour faire face à ces difficultés, le Burkina Faso a adopté des lois qui ont permis de faciliter la pénétration du Net et d’autres technologies de l’information et de la communication.
Au Forum de Vilnius, les pays africains vont aussi refuser que l’on attribue à l’Afrique la responsabilité de la propagation des déchets numériques (virus et spams).
L’Afrique n’est pas la source de déchets numériques, affirment les participants au Forum de Dakar.
"On cite souvent les spams du Nigéria. Mais il y en a qui viennent aussi de l’Europe". C’est pourquoi, poursuit Mme Nwakanma, "nous demanderons à ce qu’on respecte l’image africaine sur le Net. Qu’on arrête de noircir le continent".
Les Africains ont par ailleurs dit leur préférence pour la technologie ouverte "qu’elle peut modifier pour son usage", en lieu et place de la technologie scellée.
La lutte contre la cybercriminalité est aussi une préoccupation des pays africains.
Ngessan Wilfred, un des représentants de la Côte d’Ivoire, tente une explication du phénomène dans son pays.
"Le plus grave inconvénient que nous avons noté avec l’ avènement du Net c’est le fait que les gens soient mal alphabétisés à l’Internet. C’est le cas de ceux qui s’adonnent à la cybercriminalité. On leur à fait croire qu’avec le Net on peut se faire un gain en jouant un coup malhonnête".
Or, pense-t-il, "si les populations avaient été alphabétisées au Net en leur inculquant qu’on peut faire un gain honnête à long terme en vendant par exemple des services, elles auraient adopté cette solution".
Pour faire face à la cybercriminalité, il existe, selon Ngessan Wilfred, des centres d’émergence en Côte d’Ivoire qui luttent contre ce phénomène en collaboration avec la police nationale.
D’après Alex Corenthin, président d’Internet society Sénégal, la cybercriminalité est un phénomène de société qui ne se manifeste que quand il y a des enjeux économiques importants.
Et l’Afrique est un peu à l’abri de ce phénomène parce qu’elle n’a pas de contenu critique. Seulement, " les acteurs de la cybercriminalité viennent se refugier en Afrique parce que la traçabilité est beaucoup plus difficile à avoir", fait-il remarquer.
Préoccupation non moins importante : la bataille pour des contenus locaux. Au Sénégal, relève M. Corenthin, "Il y a des choses qui restent à faire surtout au niveau des coûts, mais aussi par rapport au contenu. On est encore à un stade où on est consommateur de l’Internet et pas tellement producteur de contenu destiné à la population locale".
M. Corenthin estime que l’existence de suffisamment de services locaux destinés à la population locale pousserait les populations à consulter Internet pour des besoins internes.
Il donne à titre d’exemple, le site des démarches administratives créé par l’Etat du Sénégal et, où on peut trouver toutes les explications sur des démarches administratives.
Source : Africatime.com

