Le matraquage publicitaire durant Ramadan est-il bĂ©nĂ©fique pour la marque exposĂ©e dans la pub ? Des internautes avouent boycotter les marques qui passent Ă  la tĂ©lĂ© par rĂ©volte, sans doute. Un spĂ©cialiste prĂ©vient : une surexposition Ă  la pub TV= dĂ©penses inutiles. Le matraquage publicitaire durant Ramadan est-il bĂ©nĂ©fique pour la marque exposĂ©e dans la pub ? Après autant de publicitĂ© ingurgitĂ©e depuis le dĂ©but du mois de jeĂ»ne et Ă  la vue de la rĂ©action des facebookeurs tunisiens, la question mĂ©rite bien d’être posĂ©e. Nous avons demandĂ© l’avis de nos lecteurs sur notre page fan facebook. A la question «Après tant de matraquage publicitaire sur nos tĂ©lĂ©, avez vous changĂ© vos habitudes de consommation ?»

Mehdi Ayadi Corrado a rĂ©pondu : «Quel gavage publicitaire! Trop de publicitĂ© tue la publicitĂ©. Les annonceurs devront savoir qu’entre eux et le tĂ©lĂ©spectateur existe une tĂ©lĂ©commande». Un point de vue partagĂ© par d’autres facebookeurs tunisiens qui ont trouvĂ© dans leur tĂ©lĂ©commande le bon remède anti-pub.

Pour Ben Nejma Slim, cette “moisson” publicitaire a changé sa façon de consommer. Son choix au supermarché a nettement changé pour le compte des marques concurrentes à celles passées en boucle à la télé.

Te souviens-tu des pubs d’hier ?

Le Day After Recall est un indicateur d’efficacité publicitaire qui consiste à mesurer la mémorisation d’un spot publicitaire TV le lendemain de sa diffusion L’agence d’étude marketing et de mesure d’audience, Mediascan Tunisie publie quotidiennement sur madwatch.net depuis le début de mois de Ramadan le top 5 des spots publicitaires les plus mémorisés par les tunisiens

On ne s’étonne pas de voir que les marques qui squattent ce Top 5 sont celles dont les pubs sont diffusĂ©es en boucle durant la rupture du jeĂ»ne et durant le prime time. Pouvons nous alors dire que ces marques sont plus susceptibles, par lassitude, d’être boycottĂ©es par les Tunisiens ?

Surexposition à la pub = dépenses inutiles

Pour Selim Haloui, consultant formateur en marketing et en communication et responsable du site madwatch.net, «on ne peut pas répondre à cette question. Même si une baisse a été constatée sur les ventes d’une marque à l’issue du mois de ramadan, il serait difficile de conclure que cela est dû à une quelconque lassitude publicitaire. Je pense que cette quantité de pub dessert plus les chaînes TV que les marques que ce soit en termes d’image ou surtout d’audience. Il est d’ailleurs saisissant de constater le nombre sans cesse grandissant d’internautes qui zappent le visionnage TV pour lui préférer le Catch Up TV. Des dizaines de pages fan facebook proposent en effet les émissions télé sur leurs pages, immédiatement après leur fin. Et sur ces vidéos, il n’y a pas de pub.

Pour les marques, la question de la lassitude publicitaire se pose Ă©galement mais je pense que l’objectif doit plutĂ´t ĂŞtre : Ă  quel niveau d’exposition l’effet publicitaire recueilli devient marginal. Si on constate par exemple que 5 expositions Ă  un message publicitaire suffisent Ă  un tĂ©lĂ©spectateur pour en retenir ce que l’on souhaite qu’il retienne, Ă  quoi bon poursuivre sa campagne ramadanesque sur 15 jours ou un mois avec une prĂ©sence sur les mĂŞmes Ă©crans (donc avec de fortes chances de toujours atteindre les mĂŞmes tĂ©lĂ©spectateurs).

De telles analyses que certain annonceurs ont dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©es en Tunisie permettent aux marques de dĂ©velopper des stratĂ©gies visant Ă  Ă©viter la surexposition et son corollaire : le surinvestissement. Opter par exemple pour plusieurs spots contenant diffĂ©rents messages ou diversifier sa programmation mĂ©dia en Ă©vitant de toujours accompagner les mĂŞmes programmes, etc».

Source checkbird.com - Elyes