jeudi 16 septembre 2010
Audimat : Crise de confiance des médias en Tunisie
Par Yves Palma, jeudi 16 septembre 2010 à 17:26 :: Mesures d'audience
La table ronde, organisĂ©e par webmanagercenter.com le 7 Septembre 2010 sur le thĂšme « les mesures dâaudience en Tunisie », a Ă©tĂ© lâoccasion pour les intervenants, de proposer des solutions concrĂštes face Ă un problĂšme liĂ© Ă un manque de confiance et de crĂ©dibilitĂ©, qui secoue la sphĂšre des mĂ©dias tunisiens.
MalgrĂ© des chiffres qui parlent dâeux mĂȘmes : un budget publicitaire gĂ©nĂ©ral attribuĂ© aux diffĂ©rents annonceurs Ă©quivalant Ă 140 millions de dinars, 40 millions de dinars de chiffres dâaffaires en termes de publicitĂ© liĂ©e Ă lâaffichage urbain, contre un chiffre estimĂ© Ă 4 millions de dinars il y a de cela 8 ans⊠Il existe pourtant actuellement un problĂšme majeur : une remise en cause de lâaudimat et autres mesures dâaudiences effectuĂ©es par les entreprises spĂ©cialisĂ©es de la place.
Ce malaise face Ă cette situation ne semble guĂšre perturber lâopĂ©rateur tĂ©lĂ©phonique privĂ© Tunisiana : « Aujourdâhui, nous assumons pleinement cette inexactitude de chiffres, car la MĂ©diamĂ©trie* nâest pas une science exacte. Il faut surtout quâil y ait un terrain dâentente entre les bureaux dâĂ©tude et les mĂ©dias (tĂ©lĂ©vision, radios, sites webâŠ). Câest pour cela que nous optons plutĂŽt pour une vision empirique de la situation ! ».
Mr Ridha Najjar ancien prĂ©sident du Conseil SupĂ©rieur de la Communication (CSC) et du Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC), traite ce dilemme avec une objectivitĂ© et un pragmatisme qui en disent long sur ses longues annĂ©es d'expĂ©rience sur la scĂšne audiovisuelle tunisienne: " Le paysage mĂ©diatique tunisien a bien changĂ©, notamment grĂące Ă la convergence des mĂ©dias, dâinternet et de la tĂ©lĂ©phonie mobile. Cependant, on fait face Ă un vide sidĂ©ral. Rendez-vous compte : il nâexiste aucun OJD jusquâĂ prĂ©sent en Tunisie, ni dâoutils capables de mesurer rĂ©ellement lâaffimĂ©trie**, encore moins». LâOJD Ă©tant un organisme apte Ă fournir des chiffres dâaudience certifiĂ©s et reconnus par la profession.
Lâhomme ajoute avec conviction « On fait face Ă une situation de crise de confiance, par rapport aux tarifs et Ă une absence totale de dĂ©ontologie. Ce qui manque le plus, câest un cahier des charges autoproclamĂ© par le milieu professionnel ».
Comme conclusion Ă ce dĂ©bat, et de lâavis de tous les participants prĂ©sents Ă cette confĂ©rence, Mr Najjar estime «quâil serait tout Ă fait judicieux de penser Ă une solution unie, en lâoccurrence : des associations interprofessionnels pour vĂ©rifier et rĂ©guler le marcher actuel, (constituĂ© en majoritĂ© de publicitĂ© et de sondages). Comme il serait temps que lâEtat mette en place un cadre juridique commun au secteur audiovisuel (comme câest le cas actuellement au Maroc), et qui demeure absent dans notre pays».
Source : Tekiano - S.B.N

