Quelque 500 professionnels rĂ©gionaux de la publicitĂ© sont au rendez-vous pour la 5e Ă©dition du MENA Crystal Festival qui se tient pour la 4e fois a l'HĂ´tel InterContinental de Mzaar, KfardĂ©bian. Cet Ă©vĂ©nement qui promeut et rĂ©compense des innovations dans le domaine de la publicitĂ© est, comme le rappelle le prĂ©sident du festival Christian Cappe, « d'abord et avant tout un lieu de rencontres et d'Ă©changes », de « networking » en somme. Le choix du lieu n'est pas anodin puisque le principe du festival MENA Crystal (petit frère du festival Cristal europĂ©en qui se dĂ©roule Ă  la station de ski alpine de Crans Montana) est de l'organiser dans « un endroit relaxant oĂą les participants prennent plaisir Ă  se voir », explique Christian Cappe. Avec un peu de recul par rapport Ă  la crise Ă©conomique et les derniers rebondissements financiers de DubaĂŻ, les publicitaires s'accordent Ă  penser que la crise a poussĂ© les diffĂ©rentes agences Ă  redoubler de crĂ©ativitĂ©. C'est donc dans un climat convivial, mais non moins compĂ©titif, que le MENA Crystal Festival regroupe les grands noms de la publicitĂ©, mais aussi de « petits » entrepreneurs qui se fraient un chemin en adoptant des trajectoires parallèles.

C'est le cas, entre autres, de Ramzi Barakat qui, installĂ© pendant des annĂ©es dans le Golfe, a dĂ©cidĂ© de quitter une des agences rĂ©gionales pour se lancer seul. C'est ainsi qu'il a créé « B », une minientreprise avec comme objectif de faire de la « nouvelle pub » personnalisĂ©e, plus « boutique » comme il l'indique. La crise a aussi profitĂ© Ă  l'agence de production ZoĂ©, une agence « niche », selon son directeur Sami Chahine. « La crise Ă©conomique mondiale ainsi que la stabilitĂ© politique locale ont profitĂ© Ă  l'industrie publicitaire locale dans l'absolu, explique-t-il. En effet, des clients rĂ©gionaux et europĂ©ens ont saisi l'occasion de faire produire leurs publicitĂ©s au Liban puisque ce dernier offre des services moins chers que d'autres destinations. » Pour Sami Chahine, le principal concurrent sur le marchĂ© de la production ces 10 dernières annĂ©es a Ă©tĂ© DubaĂŻ ; la crise a fait en sorte que le Liban rĂ©cupère une part de marchĂ©. Pourtant, malgrĂ© ces initiatives encourageantes, le Liban n'est pas près de se positionner en tant que « plaque tournante » de la publicitĂ©.

DubaĂŻ tient bon

Pour Malek Ghorayeb, directeur exĂ©cutif rĂ©gional de la crĂ©ation Ă  Leo Burnett DubaĂŻ, « la crĂ©ativitĂ© est Ă  Beyrouth, mais le pouvoir financier est dans le Golfe. Les Ă©vĂ©nements politiques qui se sont dĂ©roulĂ©s Ă  partir de 2005 ont Ă©tĂ© nĂ©fastes Ă  l'industrie publicitaire du Liban, dans le sens oĂą les agences qui veulent s'implanter dans la rĂ©gion hĂ©sitent Ă  le faire puisque les risques Ă  prendre sont encore importants », souligne-t-il. D'autant plus que la rĂ©gion est tĂ©moin de nouveaux marchĂ©s Ă©mergents tels que l'Égypte, le KoweĂŻt et le Qatar. En somme, « il n'y a plus un eldorado, mais des eldorados », rĂ©sume ce publicitaire.

Rana ANDRAOS