2010 : l’année des défis et des opportunités pour la publicité
Par Yves Palma, vendredi 5 fĂ©vrier 2010 à 07:52 :: General :: #298 :: rss
Le festival régional MENA Crystal a démarré au Mzaar Kfardébian.
Quelque 500 professionnels régionaux de la publicité sont au rendez-vous pour la 5e édition du MENA Crystal Festival qui se tient pour la 4e fois a l'Hôtel InterContinental de Mzaar, Kfardébian. Cet événement qui promeut et récompense des innovations dans le domaine de la publicité est, comme le rappelle le président du festival Christian Cappe, « d'abord et avant tout un lieu de rencontres et d'échanges », de « networking » en somme. Le choix du lieu n'est pas anodin puisque le principe du festival MENA Crystal (petit frère du festival Cristal européen qui se déroule à la station de ski alpine de Crans Montana) est de l'organiser dans « un endroit relaxant où les participants prennent plaisir à se voir », explique Christian Cappe. Avec un peu de recul par rapport à la crise économique et les derniers rebondissements financiers de Dubaï, les publicitaires s'accordent à penser que la crise a poussé les différentes agences à redoubler de créativité. C'est donc dans un climat convivial, mais non moins compétitif, que le MENA Crystal Festival regroupe les grands noms de la publicité, mais aussi de « petits » entrepreneurs qui se fraient un chemin en adoptant des trajectoires parallèles.
C'est le cas, entre autres, de Ramzi Barakat qui, installé pendant des années dans le Golfe, a décidé de quitter une des agences régionales pour se lancer seul. C'est ainsi qu'il a créé « B », une minientreprise avec comme objectif de faire de la « nouvelle pub » personnalisée, plus « boutique » comme il l'indique. La crise a aussi profité à l'agence de production Zoé, une agence « niche », selon son directeur Sami Chahine. « La crise économique mondiale ainsi que la stabilité politique locale ont profité à l'industrie publicitaire locale dans l'absolu, explique-t-il. En effet, des clients régionaux et européens ont saisi l'occasion de faire produire leurs publicités au Liban puisque ce dernier offre des services moins chers que d'autres destinations. » Pour Sami Chahine, le principal concurrent sur le marché de la production ces 10 dernières années a été Dubaï ; la crise a fait en sorte que le Liban récupère une part de marché. Pourtant, malgré ces initiatives encourageantes, le Liban n'est pas près de se positionner en tant que « plaque tournante » de la publicité.
DubaĂŻ tient bon
Pour Malek Ghorayeb, directeur exécutif régional de la création à Leo Burnett Dubaï, « la créativité est à Beyrouth, mais le pouvoir financier est dans le Golfe. Les événements politiques qui se sont déroulés à partir de 2005 ont été néfastes à l'industrie publicitaire du Liban, dans le sens où les agences qui veulent s'implanter dans la région hésitent à le faire puisque les risques à prendre sont encore importants », souligne-t-il. D'autant plus que la région est témoin de nouveaux marchés émergents tels que l'Égypte, le Koweït et le Qatar. En somme, « il n'y a plus un eldorado, mais des eldorados », résume ce publicitaire.
Rana ANDRAOS

