"Le choix porté sur les «Technologies de l’information et de la communication: défis et perspectives pour le développement» comme thème de la présente session de notre Sommet confirme notre volonté d’accorder à ce secteur essentiel l’intérêt qu’il mérite, afin d’assurer le succès de nos programmes de développement et de réduire la fracture numérique qui nous sépare encore des pays développés. (...) Avant d’être technologique, la fracture cognitive et numérique est, par essence, une fracture de développement. Nous n’avons d’autre alternative que celle d’adhérer à la révolution cognitive et numérique, de miser principalement sur nos ressources humaines, à travers des secteurs vitaux tels que les technologies de l’information et de la communication et autres domaines ayant un impact considérable en termes de bénéfice des avantages de l’innovation technologique, d’accroissement de la productivité, d’amélioration de la compétitivité et d’accélération du rythme de développement de nos pays.

Les échanges numériques au moyen des réseaux de communication représentent aujourd’hui près de 50 pc du volume du commerce mondial des services, dans le cadre de ce nouveau marché numérique qui compte plus de 4,5 milliards d’utilisateurs de téléphones mobiles et 1,7 milliard d’internautes. L’on s’attend à ce que ce nombre augmente de 50 pc d’ici fin 2013. Cette activité exponentielle concerne principalement les réseaux de haut débit dont les adhérents ont dépassé les 420 millions d’abonnés dans le monde.

Nous relevons, à cet égard, que le marché africain attire désormais un volume croissant de programmes et d’investissements et réalise des résultats encourageants en matière de développement des réseaux d’accès. (...) La Tunisie s’est employée, depuis le début de la dernière décennie du siècle passé, à la réforme et au développement des secteurs de l’éducation, de la formation, de l’enseignement, de la recherche scientifique, des télécommunications, de l’Internet, de l’informatique et de l’ingénierie.

Il a été procédé, dans ce cadre, à la généralisation de la connexion à l’Internet des écoles préparatoires, lycées, centres de formation professionnelle, bibliothèques publiques, Maisons de la culture et Maisons de jeunes, outre les universités et les établissements de recherche scientifique. Le but est de développer le tissu économique, social et culturel dans notre pays, créer des postes d’emploi répondant aux besoins nationaux et doter notre économie nationale de hautes compétences et d’un savoir-faire élevé.

Les efforts consentis en la matière ont permis de réaliser des résultats encourageants. La densité téléphonique a atteint un ratio de 90 abonnés pour 100 habitants. Les technologies de l’information et de la communication figurent, désormais, parmi les principaux secteurs économiques dans notre pays. Elles constituent aujourd’hui un moteur essentiel du développement global et se distinguent par un rythme de croissance soutenu qui fait que la part du secteur dans le PIB atteint les 11 pc.

La période écoulée a été marquée par le lancement d’un certain nombre de vastes programmes destinés à conférer davantage de dynamisme au secteur des télécommunications et des services à haute valeur ajoutée, outre la réalisation d’un ensemble de programmes et grands projets consistant, principalement, en la mise en service d’un nouveau câble sous-marin d’une capacité élevée reliant la Tunisie à l’Europe en vue de favoriser le développement du flux de communications, qu’il s’agisse de téléphonie, de l’Internet ou de divers autres services.

Les dernières années ont été, également, marquées par des efforts intenses dans le sens de la réduction continue des tarifs, de manière à contribuer à renforcer la bande passante internationale de l’Internet qui, de 1 Gigabit, en 2006, est passée à 27 Gigabits, fin 2009, et doit être portée à 100 Gigabits/seconde, fin 2014. Il est prévu, en outre, d’atteindre le cap du million de nouveaux abonnés à l’ADSL.

Dans cette même direction, nous nous employons aussi à développer les espaces technologiques destinés à abriter les institutions opérant dans les domaines porteurs, dans le cadre d’un programme national ambitieux de technopôles et de cités technologiques englobant toutes les régions et ciblant maints secteurs vitaux à caractère stratégique comme les technologies de la communication, l’énergie, l’eau, l’agroalimentaire, les grandes cultures, l’environnement, les industries pharmaceutiques, le textile-habillement, l’électronique, la biotechnologie et la nanotechnologie.

Le savoir est désormais un facteur essentiel de l’innovation technologique, de l’impulsion de l’activité économique, de la création d’emplois et du renforcement de la compétitivité aux plans national et international.

Aussi avons-nous doté notre pays des moyens de maîtriser les technologies de l’information et de la communication, de jeter les bases de la société de l’information et d’asseoir l’économie du savoir, en particulier dans les secteurs porteurs, les nouveaux métiers et dans toutes les spécialités à même de nous aider à élever le rythme de croissance, à accroître notre compétitivité et à offrir à nos jeunes davantage d’emplois.

C’est ce qui nous a permis d’obtenir des résultats encourageants que confirment les divers indicateurs et évaluations internationales. Le rapport 2008-2009 du Forum de Davos consacré au secteur des technologies de la communication a, ainsi, classé la Tunisie au 38e rang mondial sur un total de 134 pays et au premier rang en Afrique en termes de prédisposition à l’usage des TIC, ainsi qu’au 3e rang mondial, sur un total de 134 pays, ayant réussi à promouvoir les technologies de l’information et de la communication. (...) La Tunisie s’emploie, dans ce cadre et en collaboration avec la CNUCED et l’UIT, à mettre à profit les opportunités offertes dans ce domaine, afin de contribuer activement à la promotion des investissements et du partenariat, à l’accélération du rythme de développement et à la consolidation de l’économie du savoir, avec le concours de tous les ensembles régionaux auxquels elle appartient, et en tout premier lieu, le continent africain.

Lors du Sommet organisé par l’Union internationale des Télécommunications sur le thème «Connect Africa», tenu en octobre 2007, dans la capitale rwandaise, Kigali, notre pays a lancé une initiative tunisienne en faveur de la création d’un centre africain d’excellence en technologies de l’information et de la communication, qui aurait pour vocation le développement des compétences des cadres supérieurs, la promotion de la veille technologique aux niveaux continental et international, la réalisation des études nécessaires pour le développement des logiciels et services électroniques, en rapport avec les services administratifs à distance, le commerce électronique, les technologies mobiles, l’impulsion des projets de Partenariat et de coopération et l’établissement de synergies entre les décideurs du secteur public et du secteur privé dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, et ce, avec le concours de la Banque Africaine de Développement.

Dans ce cadre, les modalités relatives à la création d’un tel centre technologique d’excellence sont en cours de finalisation aux plans réglementaire et du financement. Notre espoir est que ce centre contribuera à accroître les potentialités du continent africain et à assurer son insertion dans les réseaux internationaux de l’information et de la communication.

La Tunisie a, également, créé un centre de réponse aux urgences informatiques (Cert-Tcc), le premier du genre en Afrique, qui a obtenu la reconnaissance internationale dans le domaine et a été admis à l’instance mondiale FIRST. Ce centre fournit, actuellement, un certain nombre de prestations aux pays d’Afrique.

De même, le système de formation à distance relevant de l’Union Postale Universelle (UPU), a été hébergé, validé et actualisé, à Tunis. Il assure une formation dans de nombreux domaines législatifs, financiers et technologiques, au profit de 148 pays des différents continents, dont 49 pays africains.

Nos pays africains se doivent, aujourd’hui, plus que jamais, d’accorder une grande attention à la question de la maîtrise des nouvelles technologies et de leur utilisation à bon escient au service de leurs objectifs de développement.

Nous sommes appelés à accroître l’aptitude de nos peuples à adhérer à la société de l’information, à assimiler la culture numérique et à en généraliser les techniques auprès de toutes les catégories sociales et aux différents niveaux. Nous sommes, également, appelés à impulser la recherche scientifique et l’innovation technologique dans nos pays, en tant qu’outil essentiel pour élever la rentabilité de nos économies.

Nous appelons aussi à l’établissement d’un partenariat agissant entre le secteur public, le secteur privé et le tissu associatif dans nos pays africains, afin d’offrir à nos peuples le plus d’opportunités possibles de maîtriser la culture numérique.

C’est ce qui nous engage tous à unir nos efforts et à harmoniser nos positions afin d’instaurer une approche commune pour faire face à la fracture numérique, de souscrire en connaissance de cause aux progrès intervenus dans les secteurs des sciences et de la technologie modernes, de les maîtriser et de continuer à promouvoir nos ressources humaines dans les divers domaines du savoir, considérées comme la richesse la plus importante et la plus durable.

La réussite de notre continent à relever les défis du développement et à gagner le pari du progrès et du bien- être demeure toujours tributaire de l’établissement et du maintien de la sécurité et de la stabilité dans nos contrées."