Tunisie – Médias : La presse électronique oubliée !
Par Yves Palma, jeudi 28 janvier 2010 à 09:30 :: Tunisie :: #283 :: rss
Enquête rigoureuse à l’appui, M. Hassen Zargouni, PDG de Sigma Conseil, vient de nous donner le choc de notre vie en dévoilant les résultats de sa désormais classique revue maghrébine des médias. Le choc vient d’un chiffre sans rappel : celui de la publicité sur les divers supports où la presse électronique ne récolte qu’un très maigre 1,3% des 138,9 millions de dinars (sans remises) générés par le marché tunisien !
Ce n’est pas uniquement un indicateur très significatif de la performance car la pub va nécessairement vers les supports qui ont le plus d’audience auprès des spectateurs, auditeurs et lecteurs. C’est également un constat à faire sur l’avancement du secteur ‘’virtuel’’ dans notre pays.
Alors que l’intention politique ne laisse aucun doute quant à l’ambition de transformer la Tunisie en Centre régional d’affaires et de services (où le secteur TIC a la part du lion), nous n’avons pas d’autre perspective que de nous interroger avec douleur sur l’adoption (ou non) de ses composantes par le public et le marché.
En vérité, le schéma reste le même comme si nous n’avions pas encouragé l’achat de centaines de milliers d’ordinateurs, la création de sites Web, la promotion de l’industrie du contenu… : La télévision est gagnante encore une fois avec 52,6% des parts de la pub, suivie (de loin) par la presse écrite qui s’approprie les 18,4% puis la radio (la star montante grâce aux privés) avec 15,3% et enfin les affichages publics en tous genres (2,4%) et (dernier de la classe) la presse en ligne et son minuscule 1,3% !!!
En 2010, le slogan proposé par M. Zargouni est porteur de plus d’un message : ‘’Le succès est en nous !’’ Le premier message est évident ; c’est celui de l’attestation de notre potentiel. Le second est une sorte de conjuration du mauvais sort alors que nous sortons de plusieurs crises (pétrole, subprime, finance et sphère réelle). La troisième est l’espoir de meilleurs jours. Le quatrième est que nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes si nous avons si lamentablement bafoué une priorité nationale. Par Meryem OMAR

