«Orange Tunisie et Zitouna Bank changeront nécessairement la donne publicitaire en Tunisie» prévoit Hassen Zargouni, directeur générale de la société de Médiamétrie Sigma Conseil, pour l’année en cours. Lors de l’Open Sigma 2010, cette figure incontournable du paysage médiatique et communicationnel tunisien a présenté, samedi 23 janvier 2010, le bilan de 2009 des médias et de la publicité en Tunisie.

Si ce bilan dĂ©voile un secteur bancaire plutĂ´t rĂ©ticent en termes d’investissements publicitaires, il reflète un secteur des tĂ©lĂ©coms qui mise de plus en plus sur la rĂ©clame. Et ce n’est qu’un dĂ©but. Ainsi, l’arrivĂ©e d’Orange Tunisie sur le marchĂ© entraĂ®nera encore plus de bousculades publicitaires parmi les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©phoniques. Si vous avez criĂ© «y’en a marre» de la pub en ramadan dernier. PrĂ©parez vous Ă  la guerre des annonceurs en 2010 !

Tunisiana, le plus grand publivore du marchĂ© En 2009, l’investissement publicitaire global en Tunisie est estimĂ© Ă  138,9 millions de dinars tunisiens. Tunisiana est le plus grand publivore du marchĂ© avec 17,1 millions de dinars misĂ©s sur la pub. Si Tunisie Telecom en fait beaucoup moins, elle arrive tout de mĂŞme en troisième position. L’opĂ©rateur historique a en effet investi 6,7 millions de dinars tunisiens pour la pub en 2009. «Tunisie Telecom manque de stratĂ©gie» commente Hassen Zargouni en analysant l’évolution des investissements publicitaires des deux opĂ©rateurs tĂ©lĂ©phoniques. «Tunisie Telecom est l’un de mes clients. Mais disons la vĂ©ritĂ© ! Orange Tunisie est une rĂ©elle menace. Anticipons lĂ -dessus !» lance-t-il en souriant. A moins qu’il ne s’agisse pour notre plus ancien opĂ©rateur de rĂ©server ses forces pour accueillir comme il se doit son nouveau concurrent.

Le gâteau de l’alimentaire

Mais c’est Ă©videmment l’industrie alimentaire qui se taille la plus grosse part du gâteau publicitaire en Tunisie. Les biscuits, le chocolat, et autres yaourt et sodas, reprĂ©sentent 35% des investissements publicitaires en Tunisie, durant l’annĂ©e 2009. Mais le secteur d’internet et des tĂ©lĂ©communications est Ă  ses trousses avec 21,3% de part de l’investissement publicitaire global. Les Tunisiens se nourrissent Ă  base d’aliments mais les minutes de communications tĂ©lĂ©phoniques et la connexion ADSL reprĂ©sente aussi un besoin vital pour eux !

Si l’alimentaire devance le secteur d’internet et des télécoms en pub TV (49,5% contre 21,9% en terme de diffusion en secondes), la donne change à la radio. Le secteur des télécoms et internet y est prépondérant avec 33,3% face à 21,5% de part d’investissement pour l’alimentaire.

La conquĂŞte des ondes Toujours en tĂŞte des investisseurs en pub que ce soit Ă  la radio, Ă  la tĂ©lĂ© ou dans la presse Ă©crite, 140 900 secondes de diffusions de pubs de Tunisiana Ă  la tĂ©lĂ© ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es en 2009. Quant Ă  Tunisie Telecom, elle se place neuvième avec 22 735 secondes de diffusion tĂ©lĂ©visuelle. A la radio, la filière tunisienne d’Orascom Telecom a investi 2 968 756 dinars tunisiens pour la pub. Tunisie Telecom se place deuxième annonceur sur les ondes avec un investissement publicitaires de 2 682 363 dinars. On trouve aussi trois fournisseurs d’accès internet au top 10 des annonceurs radio de Sigma Conseil : Planet, quatrième annonceur dans les radios tunisiennes, Topnet en sixième position ainsi que Globalnet, en huitième.

Tunisiana a diminué ses investissements publicitaires dans la presse écrite en 2009. Mais elle est, quand même, restée en tête des annonceurs avec 1 278 351 dinars investis dans les insertions presse. De son côté, Tunisie Telecom n’a investi que 342 324 dinars tunisiens.

«Au niveau des stratĂ©gies mĂ©dias : Une vision, une stratĂ©gie et un plan d’action sont Ă  opĂ©rer, l’opportunisme ou le butinage n’apporte ni efficacitĂ© ni efficience» relève Hassen Zargouni. Ramadan, rĂ©veillon, Coupe d’Afrique des Nations, Aid Kebir, Seghir ou Saint Valentin, les diffĂ©rents annonceurs communiquent surtout d’une manière Ă©vĂ©nementielle. Les Tunisiens cĂ©lèbrent chaque fĂŞte avec sa gastronomie respective. Serait-ce aussi le cas pour leur consommation d’internet et de tĂ©lĂ©phonie ? Gare aux boulimiques s’ils tombent sous les canines des publivores en quĂŞte de gibier !

Thameur Mekki