LIBREVILLE, 15 novembre (Infosplusgabon) - Au terme du quatrième Forum des Leaders des médias d’Afrique qui a réuni 350 délégués et qui s’est achevé avec la déclaration de Tunis, les délégués ont regagné leurs pays respectifs. Voici la déclaration intégrale qui a sanctionné les travaux de Tunis :
Nous, propriétaires de medias d’Afrique, réunis dans le cadre du Quatrième Forum des Leaders de Médias d’Afrique (AMLF) à Tunis, en République de Tunisie, du 9 au 11 novembre 2011, à l’effet de discuter de la situation du secteur des medias en Afrique et d’œuvrer ensemble pour le renforcement et le développement des entreprises médiatiques en Afrique afin d’apporter des changements aux plan économique, politique, social et culturel.
Avec près de 350 participants venus de 48 pays africains, la rencontre de Tunis a constitué un jalon important et la plus grande réunion de propriétaires et d’opérateurs de médias représentant l’ensemble du continent africain. Depuis le lancement de l’AMLF à Dakar, au Sénégal, en 2008, ce Forum et son organe de tutelle, l’Initiative des Médias d’Afrique (AMI), ont enregistré une croissance en portée, en stature et en expansion de leurs activités, unis par l’objectif commun qui est de créer des médias respectueux de l’éthique, durables, variés et pluriels en Afrique.
Conscients du fait que l’Afrique est un continent à l’orée d’une transformation économique riche de promesses et que, comme l’a montré le “printemps arabe” né à Tunis, les medias ont un important rôle à jouer en matière de transformation sociale, pour donner la voix aux sans voix, et dans la promotion des libertés fondamentales. Pris ensemble, ces développements promettent une plus grande participation citoyenne et un pluralisme accru.
Conscients de la nécessité d’œuvrer collectivement au renforcement du secteur des medias, en tant que partenaires, dans le cadre d’un développement et d’une plate-forme viable pour l’investissement, nous nous engageons, par conséquent, à participer pleinement et entièrement à l’écriture des plus belles pages de la réussite du développement de l’Afrique à travers une plus grande couverture des questions de développement, le positionnement des populations au cœur de nos reportages et l’orientation de nos efforts vers le changement du profil des reportages stéréotypés sur l’Afrique autour de questions portant sur la mort, les maladies, les catastrophes naturelles et le désespoir, en un autre profil fait d’espoir, d’innovation, de visions éclairées, d’intérêts et également de bonnes informations positives sur le développement de notre continent.
Avons répondu à ces défis en centrant nos discussions à Tunis sur d’importantes problématiques impactant le secteur des medias en Afrique, notamment :
• Le Rôle et la Pertinence des Médias Traditionnels. Les leaders de medias d’Afrique voient l’avènement des medias sociaux comme une opportunité pour les medias traditionnels de permettre aux citoyens d’apporter des changements sociaux. Le secteur des médias en Afrique doit continuer à mettre l’accent sur la qualité des contenus et la diffusion en temps utile des reportages en exploitant les forces des nouvelles technologies des médias.
• Le Défi de l’Établissement d’une Coalition pour le Développement des Médias en Afrique. Nous reconnaissons notre rôle de fournisseurs de nouvelles, d’idées et d’innovations, et nous estimons que la cause du bien public est mieux servie à travers la diffusion et la publication de nouvelles inédites concernant les histoires à succès du développement de l’Afrique. Le rôle des médias dans l’alimentation des débats est au cœur même du processus de développement durable et de l’amélioration des conditions de vie des populations africaines ordinaires.
• Le Renforcement du Rôle des Médias dans la Consolidation de la Démocratie et de la Bonne Gouvernance en Afrique. Nous estimons que le secteur des médias peut jouer un rôle éminemment utile dans le développement de la démocratie à travers l’émergence d’une citoyenneté informée, et appuyer les processus de bonne gouvernance au travers de l’exercice de la fonction traditionnelle de veille. Des insuffisances en matière de démocratie et de gouvernance vont à l’encontre de la croissance du secteur des medias en Afrique.
• L’Élargissement des Sources de Financement pour le Secteur des Médias en Afrique. Le secteur des médias en Afrique est entravé par le manque de capitaux et un niveau de financement adéquat est d’une importance capitale pour le développement de ce secteur. Nous devons approfondir les discussions avec un grand nombre de parties prenantes-notamment des partenaires au développement qui veulent voir les retombées du développement, les institutions financiers telles que les banques et les bailleurs de capital à risque, et opérateurs de téléphonie mobile qui veulent voir de bons rendements financiers - afin que le secteur des medias puisse commencer à attirer de nouvelles sources de financements et développer des modes innovants de financement d’importance vitale pour sa réussite.
Notre rencontre de Tunis a été une réussite à plus d’un titre. Dans le sillage des ateliers précédents organisés au Cameroun, nous avons examiné les modèles de génération de revenus et d’affaires pour les médias, discuté des transitions numériques, y compris les problèmes de la publicité et les stratégies à court et moyen termes, débattu des améliorations dans la gestion des salles de rédaction, la convergence, la rationalisation, et d’autres questions relatives au développement des médias. Ces discussions nous ont aidés à déterminer les prochaines phases du renforcement du secteur des medias en Afrique, pour améliorer les aptitudes professionnelles des journalistes à travers l’accroissement des opportunités de formation, et la nécessité pour l’AMI et l’AMLF d’œuvrer en collaboration avec les gouvernements et la société civile à l’extension de l’accès à l’information. Par conséquent :
Nous nous réjouissons des progrès réalisés par l’AMI et l’MLF au cours de ces quatre dernières années, et remercions le Conseil d’administration de l’AMI pour son leadership et l’orientation apportée dans le renforcement du secteur des medias en Afrique ;
Nous apprécions le rôle de précurseur de l’AMI à travers ses efforts déployés pour le développement “du leadership et des principes directeurs pour les propriétaires et gestionnaires de medias en Afrique”, et considérons cela comme étant un pilier central de la poussée globale vers l’amélioration de la viabilité et de la durabilité des industries médiatiques en Afrique ;
Nous approuvons la création d’associations nationales de propriétaires et d’opérateurs de medias dans tous les pays africains en vue d’un plus grand engagement et une meilleure interaction aux plans national, régional et continental. L’implantation du siège de l’AMI au Kenya est un développement qui vient à son heure et nous attendons avec impatience la finalisation de l’Accord de siège de l’AMI avec le Gouvernement kenyan ;
Nous saluons le soutien reçu de la Banque africaine de développement et envisageons avec empressement un plus grand engagement avec d’autres institutions multilatérales telles que la Banque mondiale, la Société financière international, la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, les bailleurs de fonds internationaux et la société civile. Nous reconnaissons et remercions la Fondation Konrad Adenauer pour son soutien à l’AMI, et exprimons notre profonde gratitude à tous nos bailleurs et partenaires pour leur collaboration et leur assistance permanentes.
Nous appelons de tous nos vœux la tenue d’une réunion technique à l’effet de discuter de financement innovateur avant le Forum de 2012.
Nous confions au Secrétariat de l’AMI la mission d’étudier les diverses offres reçues pour l’organisation de l’AMLF en 2012 et d’informer les membres à chaque fois que de besoin.
Source :infosplusgabon.com