Une telle cadence de développement de l'accès au Web en Afrique est, toutefois, appelée à s'intensifier davantage pour pallier aux «disparités vertigineuses» entre le Nord et le Sud, ont souligné des experts africains réunis récemment à Dakar dans le cadre des travaux de la 11e réunion annuelle d'AfriNic (Organisme gestionnaire des adresses IP d'Internet en Afrique) Selon les statistiques rendues publiques à l'occasion de cette manifestation, l'Afrique ne compte qu'un internaute pour 250 habitants contre une personne sur deux en Europe et en Amérique du nord.

Le continent africain compte 650.000 abonnés à l'Internet et le nombre des internautes est estimé à 2 millions, partant du fait qu'une connexion est utilisée en moyenne par trois personnes, selon les mêmes statistiques.

Pour autant, l'Afrique n'a pas été en reste lors de la vague de nouvelles technologies de l'information et de communication. Et pour preuve, les statistiques indiquent qu'en 1997, seulement 11 pays africains avaient accès à Internet.

Un chiffre qui passera rapidement à 51 dès mars 2000. Les efforts consentis pour développer les connexions au Web durant les trois dernières années ont permis à l'Afrique d'être totalement visible sur les autoroutes de l'information.

Selon les experts réunis à Dakar, les taux de croissance du développement des connexions Internet en Afrique offre d'énormes opportunités d'investissements.

Avec 797 millions de consommateurs potentiels, le marché africain reste très porteur. Les deux premiers fournisseurs d'accès du continent sont «AfricaOnline» et «France Câble et Radio», une filiale de France Télécom.

Parmi les obstacles majeurs à la généralisation de l'accès à l'Internet en Afrique, figure notamment les prix élevés pratiqués par les principaux opérateurs. En effet, la connexion est beaucoup plus onéreuse qu'en Europe et en Amérique. Selon les experts, les tarifs élevés, souvent prohibitifs pour le pouvoir d'achat local, s'expliquent par le faible taux d'abonnés au sein des populations.

Selon les experts réunis à Dakar, le développement de l'Internet et sa démocratisation auprès des populations du continent africain est considéré comme partie intégrante des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui requiert une action concertée des pays du continent.

Au-delà de la question de l'accès à l'Internet, qui demeure toutefois un défi majeur, les pays africains doivent travailler sur la question d'une meilleure inter-connectivité du réseau, qui est d'ailleurs l'une des raisons d'être d'Internet, ont recommandé les participants à la rencontre de Dakar.

Pour ce faire, les experts ont plaidé pour l'introduction des nouvelles technologies de connexion à haute capacité de transfert (fibres optiques) qui nécessitera des efforts considérables des pays africains. Par MAP