Un nombre très surprenant de 75 pour cent des internautes algériens considèrent le web comme "un outil indispensable", révèle une nouvelle étude nationale publiée jeudi 17 septembre.

Sur les quelque six mille utilisateurs interrogés par les sociétés algériennes Med&Com et Ideatic, plus de 90 pour cent ont reconnu "ne pas pouvoir passer la journée sans se connecter 'au moins une fois'". La plupart des utilisateurs ont indiqué passer en moyenne deux heures devant leurs écrans.

Cette étude, qui interrogeait les internautes sur l'ADSL, l'internet mobile, la publicité en ligne et le commerce électronique, montre que 4,5 millions de personnes (12,8 pour cent de la population algérienne) utilisent l'internet.

"Les Algériens s'équipent de plus en plus en matériel informatique et en connexions à l'internet", a confirmé à Magharebia Mohammed, un vendeur de matériel informatique. "C'est même devenu 'une affaire de famille'."

"Je dois souvent négocier avec ma fille de 15 ans pour pouvoir travailler sur mon propre ordinateur", explique Mehdi, 45 ans, qui explique passer environ une heure et demi par jour sur l'internet.

"L'internet connaît une croissance exponentielle", ajoute-t-il. "Il suffit de regarder le nombre d'Algériens qui s'inscrivent sur Facebook pour s'en faire une idée."

Cette étude, lancée en 2008, montre une disparité entre les sexes et entre les régions.

L'internaute algérien typique est décrit comme un homme (72,2 pour cent), âgé entre 20 et 29 ans (29,2 pour cent), disposant au moins du niveau bac + 1 (66,2 pour cent), et habitant à Alger (29,28 pour cent). Les femmes ne représentent que 25,8 pour cent des internautes algériens.

Les enquêteurs ont montré que 82,6 pour cent des internautes "communiquent" par le biais du courrier électronique. Sur ce chiffre, "42,5 pour cent utilisent des messageries instantanées (telles que MSN ou Yahoo Messenger), 33,8 pour cent consultent des forums de discussion, 33 pour cent passent des appels téléphoniques par l'internet (Skype), et 9,9 pour cent utilisent la vidéoconférence".

Les médias en ligne sont l'outil favori des internautes, avec 80,8 pour cent qui lisent les journaux en ligne, 19,9 pour cent qui y écoutent la radio, et 11,4 pour cent qui y regardent les chaînes de télévision. L'internet est également utilisé pour les recherches (80,7 pour cent) et les contacts professionnels (22,9 pour cent).

Cette étude montre également que les internautes algériens ne sont pas très "actifs", avec 82,2 pour cent qui visitent des sites de partage vidéo en ligne (YouTube, DailyMotion, Flickr), mais seulement 23,5 pour cent qui y contribuent.

Les rĂ©seaux sociaux semblent avoir conquis les internautes algĂ©riens ; près de 40 pour cent d'entre eux sont en effet inscrits sur Facebook.

Cette étude témoigne à l'évidence de l'efficacité des efforts du gouvernement pour promouvoir l'utilisation de l'internet.

Mettre l'ADSL à la disposition des individus a donné lieu à 585 455 abonnés privés, selon le ministère des Postes et des Technologies. Près de 65 pour cent des personnes interrogées ont affirmé pouvoir se connecter depuis chez elles, contre 24,6 pour cent au travail. Plus de 61 pour cent des utilisateurs du web affirment qu'au moins trois personnes utilisent l'internet à domicile. Les clubs de jeunes et les bibliothèques offrant un accès internet, qui étaient auparavant bondés, attirent aujourd'hui moins de clients. Mais il subsiste divers obstacles. Près de 72,1 pour cent des internautes se disent "peu satisfaits" de la vitesse de leur connexion à domicile, et 79,7 pour cent se plaignent des fréquentes interruptions de service. Les frais d'abonnement restent "abordables" pour 53,8 pour cent des internautes, mais 43,8 pour cent d'entre eux estiment que ces frais d'abonnement sont chers, voire très chers.

Il apparaît également que le projet Ousratic du ministère des Communications, qui vise à déployer de nouvelles technologies de l'information, n'a pas encore atteint les résultats escomptés. Seuls 5,4 pour cent des utilisateurs affirment en bénéficier.

Certains utilisateurs voient également des raisons à la prudence dans l'expansion rapide de l'usage de l'internet.

"Les plus jeunes, et leurs parents, doivent être formés par des campagnes de sensibilisation aux dangers de l'internet", explique Mehdi. Par Mouna Sadek pour Magharebia à Alger