Dans quelques jours, les frères Karoui lanceront la nouvelle version de leur chaîne maghrébine. Le financement pour la survie de la chaîne est trouvé. Il faut dire que les Golden boys de la publicité en Afrique du Nord, Nabil et Ghazi Karoui, ont toujours revendiqué leur identité maghrébine. Ils ont investit toutes leurs cartes commerciales dans les trois pays du Maghreb: la Tunisie, le Maroc et surtout l’Algérie, avec laquelle ils ont gagné beaucoup d’argent, transformant une PME familiale, en entreprise régionale, puis en un groupe international. Mais en fait, rien ne prédestinait cette boîte tenue par deux frères et une soeur, de réussir dans ce domaine. Et c’est en profitant des budgets faramineux de la publicité en Algérie, offerts sans compter à l’époque par le groupe koweitien Wataniya pour imposer l’image de la marque étoilée dans un marché algérien déjà compétitif, qu’ils réussissent. Leur plus grand coup de pub était bien sûr le spot sur Zidane. Et pourtant, les Karoui n’avaient rien fait pour acquérir la star internationale. C’est le boss de Wataniya, à l’époque, Faycal Al Ayar, qui avait contacté l’agent de Zidane pour lui proposer de faire un spot pour son image. Les Karoui n’avaient été sollicités que comme prestataires techniques pour réaliser un spot avec la star internationale Zidane durant une matinée à Madrid. Les Karoui ont profité de ce spot pour faire leur marketing et lancer leur marque dans le monde. Mais après le changement de propriétaire du 3e opérateur algérien, le Qatari Qtel, a écarté le groupe Karoui d’Algérie, estimant qu’il n’y avait plus d’argent à investir dans la publicité. Cette perte commerciale en Algérie a entraîné inexorablement une baisse du chiffre d’affaires du groupe Karoui, qui avait misé sur l’Algérie, pour lancer sa télévision Nesma TV. Mais faute d’opérateur et après l’échec de la Star Academy maghrébine et surtout le fiasco de l’émission de téléréalité La Grande Famille, Nesma TV était vouée à la faillite. Mais au lieu de fermer boutique ou de vendre l’affaire, les frères Karoui, très opportunistes, ont décidé de chercher de nouveaux soutiens financiers. Pour cela, ils doivent faire du lobbying en Tunisie. Et en changeant de client de Tinisiana vers l’opérateur historique Tunisie Télécom, son histoire connaîtra un changement de cap. C’est un peu grâce à ce support étatique qu’il obtiendra le soutien du président Ben Ali, considérant le groupe Karoui comme «une Succès story tunisienne» dans le monde et dans le Maghreb en particulier. Il faut dire que, contrairement à certains groupes en Tunisie, jamais les frères Karoui n’ont sollicité les services du palais de Carthage pour faire marcher leurs affaires. Mais grâce au soutien de l’Etat tunisien, les frères Karoui ont pu convaincre deux grands investisseurs dans le cinéma et l’audiovisuel de la nécessité d’un partenariat dans l’affaire Nesma. Le groupe échappe ainsi pour la seconde fois à la faillite.

amirasoltane08@live.fr

Amira SOLTANE