Le Liban reste toutefois loin derrière plusieurs pays de la rĂ©gion et ne reprĂ©sente qu’une part nĂ©gligeable du montant des investissements publicitaires au Moyen-Orient et en Afrique, dĂ©plore toutefois le prĂ©sident de l’IAA. « La valeur des espaces publicitaires exploitĂ©s dans la rĂ©gion est estimĂ©e Ă  8 milliards de dollars en 2008, et les dĂ©penses rĂ©elles Ă  trois milliards de dollars. Quant au Liban, celles-ci Ă©voluent depuis des annĂ©es autour de 100 millions de dollars, soit moins de 4 % du budget rĂ©gional », a-t-il prĂ©cisĂ©. Taille de l’économie ou prĂ©caritĂ© sur le double plan sĂ©curitaire et politique, le secteur de la publicitĂ© a en effet du mal Ă  prendre son envol au Liban, comme en tĂ©moigne la stagnation des investissements publicitaires depuis au moins une dĂ©cennie. Selon les estimations de Stat-Ipsos, les dĂ©penses rĂ©elles sont passĂ©es de 105 millions de dollars en 1998 Ă  84 millions de dollars en 2006, avant d’atteindre de nouveau le niveau d’il y a 10 ans. Quant Ă  l’annĂ©e en cours, les dĂ©penses publicitaires augmenteront de près de 15 millions de dollars, prĂ©voit Dani Richa, en estimant que la demande locale sera soutenue par les campagnes Ă©lectorales en vue des lĂ©gislatives du printemps prochain.

Perspectives optimistes En dĂ©pit de la crise mondiale et rĂ©gionale, les experts du secteur affichent en effet un optimisme particulier, non seulement pour 2009, mais pour les prochaines annĂ©es Ă  venir. Selon Antonio Vincenti, les effets de la crise ne se feront pas sentir au niveau du marchĂ© local de la publicitĂ©. « Contrairement Ă  certains pays du Golfe, oĂą les sociĂ©tĂ©s tombent aujourd’hui de haut après avoir connu des annĂ©es de croissance soutenue, le Liban, qui volait dĂ©jĂ  assez bas, ne souffrira pas dans une mĂŞme mesure de cette crise », a-t-il soulignĂ©. Il suffit d’établir un simple parallĂ©lisme entre le Golfe et le Liban pour comprendre pourquoi ce dernier pays ne risque pas de pâtir du ralentissement Ă©conomique mondial, ajoute Dani Richa. « Ă€ DubaĂŻ, l’immobilier, qui reprĂ©sente plusieurs centaines de millions de dollars pour le secteur de la publicitĂ©, a Ă©tĂ© secouĂ© de plein fouet par la crise, tandis qu’au Liban la part que reprĂ©sente ce secteur du total des dĂ©penses publicitaires est nĂ©gligeable, voir nulle, au niveau des segments tĂ©lĂ© et radio. Que ce secteur soit affectĂ© directement ou indirectement, cela ne changera en rien la donne », explique-t-il. Pour le prĂ©sident de l’IAA, le Liban pourrait mĂŞme paradoxalement profiter de la crise, avec l’éventuel retour au pays de certains expatriĂ©s hautement qualifiĂ©s, dont le savoir-faire et l’expĂ©rience serviraient Ă  amĂ©liorer davantage la qualitĂ© du travail publicitaire. Mais il pourrait surtout bĂ©nĂ©ficier d’un passage graduel, sur le plan gĂ©oĂ©conomique, d’une monopolaritĂ© Ă  une multipolaritĂ©, oĂą les rĂ©gions du Levant et de l’Afrique du Nord joueraient un plus grand rĂ´le au cĂ´tĂ© des pays du Golfe. « La vraie opportunitĂ© aujourd’hui pour le Liban est de devenir un hub pour ces deux rĂ©gions, en usant notamment de ses atouts en termes de crĂ©ativitĂ© et de multilinguisme. D’ailleurs, plusieurs multinationales manifestent depuis un certain moment un plus grand intĂ©rĂŞt pour venir s’implanter Ă  Beyrouth. Pepsi-Cola a, par exemple, rĂ©cemment installĂ© son siège central pour la rĂ©gion du Levant et du continent africain dans la capitale libanaise. » Ces grandes compagnies serviront non seulement Ă  crĂ©er de nouveaux emplois sur le marchĂ© local, mais Ă©galement Ă  doper le nombre de projets des agences locales Ă  l’étranger. Celles-ci n’auront donc pas Ă  craindre de devoir se tourner les pouces, « d’autant plus que sur les 10 prochaines annĂ©es, l’Afrique sera le centre d’attention d’un grand nombre de compagnies et d’annonceurs », souligne Richa. Encore faut-il que la stabilitĂ© politique se maintienne pour que le Liban puisse saisir cette occasion en or.

CĂ©cilia Attias : Mon action couvrira le Moyen-Orient et le Liban

Au programme des confĂ©rences organisĂ©es hier dans le cadre du MENA Cristal Awards, figurait notamment celle donnĂ©e par CĂ©cilia Attias sur sa fondation créée il y a quelque mois dans le but d’amĂ©liorer la condition fĂ©minine aux quatre coins du monde et de lutter contre toute forme de discrimination touchant les femmes. Devant un parterre de PDG, prĂ©sidents d’associations et journalistes et en prĂ©sence de son mari, Richard Attias, l’ex-Ă©pouse du prĂ©sident français Nicolas Sarkozy a mis l’accent durant cette confĂ©rence, animĂ©e par May Chidiac, sur l’importance de la femme comme vecteur de tolĂ©rance et de savoir. Après avoir passĂ© brièvement en revue sa carrière politique auprès du prĂ©sident Sarkozy et son action au cours de cette pĂ©riode en faveur des femmes et enfants victimes de violences, Mme Attias a prĂ©sentĂ© sa nouvelle fondation en mettant l’accent sur les objectifs que celle-ci s’est fixĂ©s. « Notre mission principale est de servir de plate-forme aux ONG de dĂ©fense des droits de la femme existant dans plusieurs pays du monde, qui ont besoin de soutien sur les plans financier et humain et qui cherchent Ă  augmenter leur visibilitĂ© mĂ©diatique. » La fondation a Ă©galement comme but de dĂ©fendre, Ă  travers un programme annuel ciblĂ©, une cause fĂ©minine particulière. « Pour 2009, nous avons dĂ©cidĂ© de mener une action de soutien aux femmes battues dans le monde. Les statistiques disponibles Ă  ce niveau sont alarmantes : aux États-Unis, par exemple, 3 femmes meurent chaque jour Ă  cause de violences domestiques. Des centres spĂ©ciaux seront ainsi implantĂ©s dans plusieurs pays du monde pour accueillir ces femmes violentĂ©es ainsi que leurs enfants et leur apporter tout le soutien nĂ©cessaire Ă  leur rĂ©insertion sociale. Enfin, Mme Attias a indiquĂ© Ă  L’Orient-Le Jour que sa nouvelle fondation apportera, dans le cadre de son action universelle, un soutien particulier aux ONG implantĂ©es au Moyen-Orient et au Liban.