Les chiffres et les milliards du Ramadhan TV
Par Yves Palma, mardi 7 octobre 2008 à 10:47 :: General :: #95 :: rss
Après Medialgeria et Sigma, voilà qu’Immar, l’institut français créé par un Algérien, communique ses sondages à travers la presse. Curieusement, deux des trois instituts de sondage communiquent toujours avec le même journal, mais avec des chiffres différents.
Une évidence! La Télévision nationale a cartonné, durant ce mois de Ramadhan. HHC a réussi à rendre son entreprise rentable avec un espace publicitaire vendu à plus de 80 milliards de centimes (chiffre donné par le site TSA en juillet dernier). Ainsi, les espaces vendus à des opérateurs, principalement les trois opérateurs de téléphonie mobile, n’a pas eu le même succès escompté, en retour d’investissements. Ainsi, l’espace réservé à El Bedra II et qui a coûté 62 millions de DA, n’a pas été totalement rentabilisé puisque l’opérateur n’a pas bénéficié de la même plage horaire que Kouloub Fi Siraâ, qui a coûté la même somme. Seuls Imarat El Hadj Lakhdar et Famille Djemaï ex-Dziri, dont les espaces ont coûté 60 millions de dinars chacun, ont bénéficié d’un bon espace de passage et, par conséquent, d’une bonne médiatisation. Alors que l’espace de Hal Wa Ahwal, vendu à 43 millions, a été remplacé par Soussou et Nounou. Badivision touchera-t-il le montant qui était inscrit sur le contrat? On en saura plus dans quelques mois. On imagine la télévision et les producteurs privés, s’il n’y avait pas les opérateurs de téléphonie mobile. Ils arriveraient difficilement à ramasser un milliard de centimes. Il faut dire que Imarat El Hadj Lakhdar qui a fait couler beaucoup d’encre, aurait été facturé à la télévision 4,3 milliards de centimes. On comprend, aujourd’hui, comment Hadj Lakhdar s’est procuré son immeuble de Zéralda. Mais certains producteurs malins ont réussi à décrocher en plus de l’argent de la télévision, des sponsors comme cette série qui utilise à outrance du «Hamoud» sur la table ou qui roule sur du «Tapis d’or» ou qui s’attarde sur le réfrigérateur pour mieux montrer les sachets de viande hachée Koft. On appelle cela du marchandising. Une technique américaine qui consiste à faire de la publicité dans le cinéma. Et cela, ni les producteurs de Hadj Lakhdar, ni ceux de Hal Oua Ahoual ou d’El Bedra ne le connaissent. Il faut être un producteur expérimenté et ingénieux pour convaincre les sponsors de marcher dans pareille aventure audiovisuelle. Le plus important dans ce Ramadhan est que tout le monde soit sorti gagnant: le public, les comédiens, les producteurs et bien sûr la télévision. Mais une question se pose: pourquoi il n’y a qu’un seul mois sur 12, pendant lequel le téléspectateur algérien se réconcilie avec sa télévision nationale? Même pour s’informer sur les événements douloureux de Ghardaïa, les Algériens regardent les télévisions arabes ou encore Medi1 Sat dont on se demande si elle a vraiment un bureau à Alger, puisque la télévision franco-marocaine suit de très près l’évolution de la situation politique, sociale et sécuritaire en Algérie. L’Entv a donc été regardée par 80% des Algériens durant le Ramadhan et 20% après le Ramadhan. C’est d’ailleurs la seule télévision au monde qui fait son chiffre d’affaires durant un mois seulement, alors qu’elle peut poursuivre cette aventure, éminemment rentable durant les 12 mois de l’année.
Amira SOLTANE

