Des blogs tunisiens apparemment non-commerciaux, et donc selon toute vraisemblance appartenant à des particuliers, et non à des entreprises se sont mis à parler de téléphones portables. Soit. Si la critique est réelle, et donc si les qualités et les défauts de l’appareil sont examinées en toute objectivité, pourquoi pas. Ce serait même intéressant pour les internautes tunisiens de partager leur point de vue pour se fixer, avant une décision d’achat par exemple.

Seulement voilà. Le e-commerce national n’en finit pas de balbutier, restant encore à ses débuts. Le webmarketing, lui, et tout ce qui a trait à la publicité en ligne semble presque démarrer. Campagnes de e-mailing (même si quelques obstacles ont freiné le phénomène), bannières publicitaires… Mais aussi des blogs créés de toute pièce pour faire de la réclame. De bonne guerre. Le consommateur sait clairement qu’il s’agit de publicité, puisque le site en question appartient clairement à une société.

Mais voilà. Les messages ne sont pas toujours aussi clairs. Un blogueur doué, qui attire quelques milliers de lecteurs (et il y en a un bon nombre, même en Tunisie!), se met à poster des messages ambigus. De faux blogs sont créés, dissimulant leur origine publicitaire. Des forums se retrouvent envahis par de faux utilisateurs, qui profitent de la renommée et donc de la caisse de résonance du site web choisi, pour multiplier les messages plus ou moins déguisée. Or la loi tunisienne est claire. Même si la presse écrite ne la respecte pas toujours. La publicité doit être facilement distinguée du contenu informationnel. Un comportement qui risque d’induire les consommateurs en erreur. Autant de raisons qui ont amené l’Union européenne à vouloir interdire ce genre de pratiques par une loi régissant le buzz marketing.

Reste Ă  ne pas jeter le bĂ©bĂ© avec l’eau du bain. Parce qu’après tout, le webmarketing crĂ©e aussi des emplois, et permet Ă  des sociĂ©tĂ©s dynamiques de prendre la place qu’elles mĂ©ritent. Toujours est-il qu’une telle loi serait de toute façon difficilement applicable. Comment identifierait-on les internautes ? Grâce Ă  leur adresse IP ? N’y aurait-il pas des risques de dĂ©rive, puisque la libertĂ© de surfer n’est, dĂ©jĂ , pas toujours assurĂ©e ? Autant de questions auxquelles mĂŞme l’Union europĂ©enne n’a pas vraiment rĂ©pondues. La publicitĂ© sur le net n’a donc pas fini de prospĂ©rer, elle n’en est mĂŞme qu’à ses dĂ©buts dans notre pays. Alors dĂ©guisĂ©e ou pas, l’invasion publicitaire ne fait que commencer. La guĂ©rilla du marketing est dĂ©clenchĂ©e.

Par Mohamed Fateh