Pour mémoire, au cours du Sommet de l’Union Africaine de janvier 2005, tenue à Abuja, au Nigeria, Monsieur Hosni Moubarak, Président de l’Egypte, avait également soulevé la question de l’établissement d’une chaîne Panafricaine de télévision, soulignant son importance pour le continent. Il avait en outre annoncé, l’initiative égyptienne basée sur la disponibilité des équipements satellitaires égyptiens et la fourniture des ressources techniques et humaines, pour assurer l’objectif fondamental de renforcement de l’intégration des peuples africains.

A la 5ème assemblĂ©e de l’Union Africaine, tenue Ă  Syrte en Libye, la question a Ă©tĂ© une fois de plus introduite par le PrĂ©sident de l’Egypte, qui avait rappelĂ© aussi que, MaĂ®tre Abdoulaye Wade, prĂ©sident du SĂ©nĂ©gal avait Ă©galement soutenu l’idĂ©e en raison de sa pertinence en matière de sensibilisation publique. Toujours dans la mĂŞme mouvance, le leader Libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi, avait Ă©galement apportĂ© son soutien au projet qu’il continue Ă  ce jour Ă  dĂ©crire comme « outil de base » pour produire et pour dissĂ©miner des informations exactes au sujet de l’Afrique.

Depuis des années, des consultations entre les différents gouvernements africains et le Président de la Commission de l’Union Africaine n’ont jusqu’ici jamais fait jaillir un projet communicationnel salutaire pour tout le continent noire.

Des initiatives de ce type ont déjà été menées en Afrique, sans aboutir à des résultats concrets, comme la création en 1962 de l’URTNA (Union des radios et télévisions nationales africaines) qui avait permis de “collecter et de traiter, dans différentes langues, des centaines de programmes fournis par des radios et télévisions” nationales.

Selon plusieurs critiques contemporaines, ce projet de radiotĂ©lĂ©vision panafricaine est une initiative salutaire quand on sait que la manière dont l'Afrique est traitĂ©e dans les mĂ©dias occidentaux, l’on se demande si l’Afrique n’est faite que des guerres, sida, catastrophes, de la corruption, la faim etc. De plus en plus d’images des femmes et des enfants affamĂ©s, des familles famĂ©liques cherchant le refuge, des communautĂ©s dĂ©chirĂ©es par les conflits reprĂ©sentent ce que d’autres ont voulu dĂ©peindre comme finalitĂ© « de l’Afrique dĂ©sespĂ©rĂ©e ».

Au niveau par exemple des chaînes de télévisions européennes qui s’intéressent à l’Afrique, l’actualité africaine n’est diffusée qu’à des heures tardives de la nuit ne donnant pas la possibilité aux Africains de la diaspora d’avoir accès à temps réels à des informations sur leur continent.

Les Africains gagneront Ă  travers une chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision panafricaine Ă  mettre en relief l’image de l’Afrique tout en popularisant ses idĂ©aux et en fournissant une vue Ă©quilibrĂ©e, pour corriger les images « dĂ©formĂ©es » de l’Afrique, que le monde voit actuellement.

L’Afrique ne manque pourtant pas de professionnels des médias sur le continent. Ils sont nombreux dans les médias audiovisuels privés à vocation panafricaine depuis des années et n’attendent qu’une initiative panafricaine pour se lancer dans ce projet.

Les médias africains aussi bien institutionnels que privés devront s’approprier leur continent avec ses forces et ses faiblesses et travailler à le transformer comme le font déjà les chaînes de télévision à vocation panafricaine à l’instar de 3A Telesud, Africable, VoxAfrica, etc.

Les hauts responsables des Etats membres de l’Union Africaine gagneront Ă  faire revivre ce projet de crĂ©ation d’une chaĂ®ne de radio et tĂ©lĂ©vision Africaine. Si avec CNN on est connectĂ© en permanence sur les Usa et le monde, si avec Euronews, l’on est informĂ© 24/24 sur l’actualitĂ© europĂ©enne et autres, pourquoi ne pas penser Ă  une chaĂ®ne panafricaine ? La nouvelle politique de communication panafricaine portĂ©e par l’Union africaine devra s’investir sans relâche dans ce projet qui viendra donner une autre image, une image Ă©quilibrĂ©e de l’Afrique.

Camer.be : Hugues SEUMO