La Commission europĂ©enne et celle de l’Union africaine en collaboration avec le gouvernement burkinabĂ© ont mis les bouchĂ©es doubles pour la rĂ©ussite de cette rencontre. Autour de quatre thèmes principaux qui s’articulent sur les grands dĂ©fis de la presse africaine Ă  l’heure actuelle, 300 communicateurs planchent. « MĂ©dias et bonne gouvernance, quel liens ? », « la libertĂ© des mĂ©dias dans les pays en dĂ©veloppement : cadre juridique et rĂ©alitĂ© du terrain », « L’image de l’Afrique en Europe et l’image de l’Europe en Afrique : le monde bouge, les stĂ©rĂ©otypes demeurent », « Le rĂ´le des mĂ©dias locaux : l’action locale pour rĂ©ussir au niveau mondial ? » sont les plats de rĂ©sistance de ce forum. Fort de ce constat, le directeur du dĂ©veloppement des mĂ©dias du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication (DDM-MCTC) Jean-Baptiste Ilboudo est conscient des enjeux. « Le forum, dit-il, est d’une importance capitale non seulement pour l’Afrique et pour tous les communicateurs. » Ceci se rĂ©sume essentiellement Ă  prendre en compte la dimension Ă©conomique dans le dĂ©veloppement des organes de presse.

Il n’y a pas de dĂ©veloppement de ces entitĂ©s mĂ©diatiques si elles n’ont pas une capacitĂ© Ă©conomique Ă  mĂŞme de faire face aux contraintes infrastructurelles. « La particularitĂ© de la rencontre de Ouagadougou est qu’au-delĂ  de la rĂ©flexion, des actes concrets vont ĂŞtre posĂ©s au profit des mĂ©dias. Les dimensions Ă©conomiques de la presse en gĂ©nĂ©ral vont ĂŞtre traitĂ© » estime M. Ilboudo. En sus, sur un plan plus large, le dĂ©veloppement d’un pays est cautionnĂ©, in fine, par le dĂ©veloppement des mĂ©dias. Autant il est vrai que le cadre juridique, la formation, sont des leitmotivs pour son envol, l’élĂ©ment essentiel et fondateur des structures mĂ©diatiques est Ă©conomique.

Le thème de la rencontre « mĂ©dia et dĂ©veloppement » interpelle plus d’un sur la nĂ©cessitĂ© de conjuguer le dĂ©veloppement de la nation d’avec celui des mĂ©dias, selon le directeur du dĂ©veloppement des mĂ©dias, jean-Baptiste Ilboudo. Pour que les mĂ©dias participent effectivement au dĂ©veloppement, il faut qu’ils soient eux-mĂŞmes dĂ©veloppĂ©s. Un mĂ©dia sous-dĂ©veloppĂ© ne peut pas promouvoir le dĂ©veloppement. D’oĂą des questions qui trouveront rĂ©ponses Ă  ce forum. Entre autres, comment faire pour dĂ©velopper les mĂ©dias, quelles sont les dispositions Ă  prendre pour assurer une viabilitĂ© Ă©conomique de la presse ?

Thèmes pertinents pour des échanges d’intérêts

Pour que cette rencontre de Ouagadougou soit une rĂ©ussite, des thèmes pertinents ont Ă©tĂ© Ă©laguĂ©s. Du contenu et des attentes par rapport Ă  ces thèmes le directeur des mĂ©dias lève le voile : pour ce qui est de la thĂ©matique « MĂ©dias et bonne gouvernance, quels liens ? », M. Ilboudo a expliquĂ© qu’il s’agit de rĂ©flĂ©chir sur les stratĂ©gies efficaces pour crĂ©er les conditions politiques et Ă©conomiques nĂ©cessaires pour que les professionnels de l’information puissent ĂŞtre des acteurs Ă  part entière de la dĂ©mocratie. Cela s’entend qu’ils doivent ĂŞtre en mesure de contribuer Ă  la bonne gouvernance.

Cette bonne gouvernance implique une libertĂ©. D’oĂą le deuxième thème « la libertĂ© des mĂ©dias dans les pays en dĂ©veloppement : cadre juridique et rĂ©alitĂ© du terrain ». IndĂ©pendance des mĂ©dias tant politique qu’économique, afin que la qualitĂ© du service soit Ă  la hauteur des attentes. De ce fait, en posant cette prĂ©occupation, il s’agit de voir quels sont les acquis engrangĂ©s et les progrès Ă  accomplir en termes de libertĂ© des mĂ©dias. Cela afin d’apporter des garanties, dĂ©velopper des indicateurs afin que la libertĂ© de la presse soit assurĂ©e, non seulement au niveau des instances de rĂ©gulations mais aussi au niveau des hommes de mĂ©dias.

D’oĂą qu’il faut lever les stĂ©rĂ©otypes, les caricatures voilĂ©es, entre l’image de l’Afrique en Europe et celle de l’Europe en Afrique. « Il faut dĂ©cortiquer cette thĂ©matique en vue de voir comment amĂ©liorer l’image de l’Afrique en Europe, et vice versa en vue d’établir une comprĂ©hension mutuelle des peuples » a affirmĂ© M. Ilboudo. Cette comprĂ©hension doit se fonder sur les rĂ©alitĂ©s du continent plutĂ´t que sur des reprĂ©sentations stĂ©rĂ©otypĂ©es qui ne correspondent pas Ă  la rĂ©alitĂ©. Ces rĂ©alitĂ©s de l’Afrique ne vont pas sans un questionnement sur le rĂ´le des mĂ©dias locaux. Le quatrième thème y fait allusion en se focalisant sur : « le rĂ´le des mĂ©dias locaux : l’action locale pour rĂ©ussir au niveau mondial ? ».

Par cette problĂ©matique, les professionnels de l’information essaieront de dĂ©finir « le rĂ´le et la place des mĂ©dias de proximitĂ© dans la quĂŞte du dĂ©veloppement ». L’on essaiera de savoir comment soutenir ces mĂ©dias par une approche participative dans la confection et la diffusion des contenus. C’est tout dire, selon le directeur des mĂ©dias, que ce forum ne sera pas une messe de trop « par rapport Ă  la qualitĂ© des participants, le forum ira au-delĂ  des simples dĂ©clarations. Il y aura une suite car, les recommandations issues de Ouagadougou seront examinĂ©es lors des prochaines journĂ©es europĂ©ennes ».

Daouda Emile OUEDRAOGO (daouda.ouedraogo@sidwaya.bf)