Cameroun: Polémique - Qui gère la publicité à Yaoundé ?
Par Yves Palma, vendredi 29 aoĂ»t 2008 à 08:51 :: General :: #77 :: rss
Le délégué du gouvernement dénie la compétence de la Cpe dans la ville.
A qui incombe la gestion de la publicité à Yaoundé? Certainement pas la Cameroon Publi Expansion (Cpe), relève Gilbert Tsimi Evouna, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, dans un communiqué rendu public mardi 29 juillet dernier dans le quotidien national Cameroon Tribune (Ct), et dans lequel il remet en cause la compétence de cette structure : "... La société Cameroon Publi Expansion (Cpe) ne fait pas partie des régisseurs de publicité agréés à exercer dans le périmètre de la Cuy. Toute intervention de la Cpe à l'intérieur de la ville de Yaoundé est illégale. Aussi, le délégué du gouvernement auprès de la Cuy invite-t-il les annonceurs à plus de vigilance vis-à -vis des éventuels abus de la Cpe et à se défendre par toutes les voies de droit".
Doit-on y voir par là une volonté de la Cuy d'avoir seule la main mise sur la publicité, quand on sait que la Cuy, au même titre que les mairies d'arrondissement, gère une part de ce patrimoine? A la Cpe, on se refuse à "polémiquer" sur cette affaire. "Nous restons sur notre communiqué basé sur le respect de la loi régissant la publicité au Cameroun", a déclaré un collaborateur dans l'entourage du directeur général de Cpe joint mercredi dernier au téléphone, soulignant au passage qu'une "convention" lie la Cpe à l'Etat en termes de communication publicitaire sur le patrimoine et le domaine public. Coïncidence ou pas, le communiqué du délégué du gouvernement paraît au même moment que celui de la Cpe, également publié dans Ct du 29 juillet dernier. Dans cette annonce, le directeur général de cette structure, Jean Pierre Zang Zang, invite les annonceurs à se conformer à la réglementation régissant la publicité au Cameroun, particulièrement dans le domaine de l'affichage publicitaire.
Parce que "la plupart des acteurs du domaine de l'affichage publicitaire régulièrement mandatés ou non et profitant de certains laxismes et inerties, persistent dans leur position d'incivisme frisant la rébellion et le défi des institutions républicaines", Jean Pierre Zang Zang rappelle que la Cpe, en "sa qualité de seule autorité publique compétente chargée de la gestion du domaine public routier en matière d'affichage publicitaire conformément à la convention du 4 octobre 2006, demande une fois de plus, à tous les exploitants (...) de bien vouloir se conformer aux prescriptions de ses correspondances, avis et communiqués pour éviter toutes déconvenues, sans préjudice de poursuite judiciaires prévues par la réglementation en vigueur".
Conflit
Si cette mise en garde semble s'adresser uniquement aux acteurs du domaine, on peut y voir le "conflit tacite" qui existe entre la Cpe et la Cuy à propos de l'affichage publicitaire effectué par l'opérateur de téléphonie mobile Mtn Cameroon sur l'immeuble ministériel numéro 1, connu comme "l'immeuble de la mort". On se souvient qu'en juin dernier, le service technique de la Cuy avait fait demander au directeur de la Cpe de surseoir à l'opération de démontage de l'affiche publicitaire de "l'immeuble de la mort" par son équipe. "La loi sur la publicité interdit l'affichage sur les bâtiments publics. Même si cet immeuble n'est pas occupé, c'est un bâtiment administratif. Donc, c'est illégal", affirme notre source à Cameroon Publi Expansion.
Certaines institutions administratives, à l'exemple du ministère Développement urbain et de l'Habitat, ont jugé la démarche de Mtn "légale".
A la Cuy, on refuse de voir un lien entre l'affiche de Mtn sur les murs de "l'immeuble de la mort" et le récent communiqué du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé. Pour preuve, apprend-on, "un communiqué de ce genre a aussi été publié par le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala contre la Cpe".
Cette bataille entre la Cuy et Cpe au sujet des prérogatives sur la gestion de l'affichage public se fait jour un an après une autre querelle de ce type, qui avait opposé en 2007, la communauté urbaine de Yaoundé au ministère des Domaines et des Affaires foncières. A l'époque, le responsable de ce département ministériel avait publié un communiqué dans lequel il rappelait la compétence exclusive de son ministère pour l'affichage sur les grands axes routiers.

