Voici un article très intéressant issu du site panaos-ao.org

.... La situation est encore plus dramatique en ce qui concerne la publicité. Sans doute que le contexte économique tout comme l’absence d’une tradition de marketing font que les entreprises ne développement guère de stratégies commerciales à travers les médias. Mais il y a surtout que l’assimilation de la presse privée à une presse d’opposition, parce que critique à l’égard des pouvoirs en place, a souvent poussé les milieux économiques (qui se confondent souvent avec l’Etat et le parti au pouvoir) à se détourner de ces médias. La tendance est à un léger mieux, mais elle reste loin des normes qui font encore rêver les médias africains, consistant à vivre des budgets assurés à 60 voire 70 % par la publicité.

Les rĂ©flexions menĂ©es Ă  Cotonou ont tournĂ© de la nĂ©cessitĂ© de sortir d’une gestion informelle, mais aussi des mĂ©canismes Ă  mettre en place pour consolider les acquis. Entre responsables de mĂ©dias venant de dix pays d’Afrique de l’Ouest et ayant une expĂ©rience avĂ©rĂ©e, on s’est Ă©changĂ© des « tuyaux ». Certaines expĂ©riences reposent pour l’essentiel sur les applications faites du livre « La Gestion publicitaire des journaux dans les nouvelles dĂ©mocraties », Ă©crit par le NĂ©o-ZĂ©landais Lloyd Donaldson. Formateur pour l’Amj, l’ouvrage dĂ©veloppe son expĂ©rience rĂ©ussie de crĂ©ation d’un service publicitaire au sein de son hebdomadaire anglais Ă  Saint Petersbourg (Russie). En cinq ans il est parvenu Ă  s’imposer Ă  la deuxième place dans le marchĂ© de la pub.

Directrice de publication de L’Observateur du Tchad, Sy Koumbo Singa Gali tĂ©moigne que l’application de cette mĂ©thode lui aura permis, en l’espace d’un an, de voir « la part de la publicitĂ© passer de 17% Ă  34 % » des revenus de son journal. Il reste toujours que pour bien vendre, il faut bien connaĂ®tre son lectorat. Mais cela semble relever d’un luxe (peut-ĂŞtre d’une incongruitĂ©) en Afrique que de mener des sondages d’opinions ou des Ă©tudes de marchĂ© avant de lancer un produit. Ainsi que le souligne Ibrahim Sy Savane, ancien directeur de FraternitĂ© Matin, modĂ©rateur durant cet atelier, « les sondages d’opinions ont de la valeur non seulement pour le journal, mais aussi pour les Ă©ventuels publicitaires qui expriment le souhait d’en savoir plus sur les lecteurs et leurs profils ».

L’exercice est coûteux, mais bénéfique. Il commence à se généraliser au Sénégal avec la naissance de l’institut de sondage Bda, pour des prestations qui peuvent tourner autour de 1,5 million de francs Cfa. "

Extrait du site de l' Institut PANOS Afrique de l’Ouest : http://www.panos-ao.org