Les revenus publicitaires dans les budgets de la presse Africaine
Par Yves Palma, samedi 12 janvier 2008 à 12:42 :: General :: #6 :: rss
Les journaux disparaissent toujours en masse en Afrique, alors que ceux qui survivent le font dans des conditions difficiles. On nage toujours dans une gestion informelle faute de véritables entreprises de presse. La viabilité des médias reste donc un défi pour la presse africaine.
Voici un article très intéressant issu du site panaos-ao.org
.... La situation est encore plus dramatique en ce qui concerne la publicité. Sans doute que le contexte économique tout comme l’absence d’une tradition de marketing font que les entreprises ne développement guère de stratégies commerciales à travers les médias. Mais il y a surtout que l’assimilation de la presse privée à une presse d’opposition, parce que critique à l’égard des pouvoirs en place, a souvent poussé les milieux économiques (qui se confondent souvent avec l’Etat et le parti au pouvoir) à se détourner de ces médias. La tendance est à un léger mieux, mais elle reste loin des normes qui font encore rêver les médias africains, consistant à vivre des budgets assurés à 60 voire 70 % par la publicité.
Les réflexions menées à Cotonou ont tourné de la nécessité de sortir d’une gestion informelle, mais aussi des mécanismes à mettre en place pour consolider les acquis. Entre responsables de médias venant de dix pays d’Afrique de l’Ouest et ayant une expérience avérée, on s’est échangé des « tuyaux ». Certaines expériences reposent pour l’essentiel sur les applications faites du livre « La Gestion publicitaire des journaux dans les nouvelles démocraties », écrit par le Néo-Zélandais Lloyd Donaldson. Formateur pour l’Amj, l’ouvrage développe son expérience réussie de création d’un service publicitaire au sein de son hebdomadaire anglais à Saint Petersbourg (Russie). En cinq ans il est parvenu à s’imposer à la deuxième place dans le marché de la pub.
Directrice de publication de L’Observateur du Tchad, Sy Koumbo Singa Gali témoigne que l’application de cette méthode lui aura permis, en l’espace d’un an, de voir « la part de la publicité passer de 17% à 34 % » des revenus de son journal. Il reste toujours que pour bien vendre, il faut bien connaître son lectorat. Mais cela semble relever d’un luxe (peut-être d’une incongruité) en Afrique que de mener des sondages d’opinions ou des études de marché avant de lancer un produit. Ainsi que le souligne Ibrahim Sy Savane, ancien directeur de Fraternité Matin, modérateur durant cet atelier, « les sondages d’opinions ont de la valeur non seulement pour le journal, mais aussi pour les éventuels publicitaires qui expriment le souhait d’en savoir plus sur les lecteurs et leurs profils ».
L’exercice est coûteux, mais bénéfique. Il commence à se généraliser au Sénégal avec la naissance de l’institut de sondage Bda, pour des prestations qui peuvent tourner autour de 1,5 million de francs Cfa. "
Extrait du site de l' Institut PANOS Afrique de l’Ouest : http://www.panos-ao.org

